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Octobre 2014

Les 17èmes Rencontres Art et Essai Jeune Public ont rencontré un vif succès cette année à Tours, avec plus de 250 participants. Si la manifestation a une nouvelle fois permis de constater le dynamisme de ce secteur au sein du mouvement Art et Essai, les échanges et débats ont montré les inquiétudes et les difficultés rencontrées en ce domaine, en particulier au cours de l’année passée : conséquences de la réforme des rythmes scolaires sur la fréquentation des salles, absence de reconnaissance d’un statut d’animateur Jeune Public, question de la formation et, bien entendu, impact de l’opération des « 4 € pour les moins de 14 ans » pour les salles labellisées.

De l’opération 4 €, justement, il a également été longuement question lors du 69ème Congrès des exploitants à Deauville. Le débat a été animé quant à l’opportunité de poursuivre cette opération. Plusieurs exploitants Art et Essai ont fait part des effets négatifs pour leurs établissements, tout en soulignant la difficulté d’abandonner cette offre tarifaire au regard de sa perception dans l’opinion et des attentes des pouvoirs publics. Fleur Pellerin, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, qui faisait à l’occasion du Congrès l’une de ses premières interventions sur le cinéma, a évoqué la question. Elle a annoncé le maintien a priori du taux réduit de TVA pour les entrées au cinéma, l’absence de nouvelle ponction sur le budget du CNC et sa volonté de mise en place d’une nouvelle aide sélective pour les exploitants de la petite et moyenne exploitations éprouvant des difficultés concernant la mise en accessibilité de leurs établissements. Si ces annonces sont bienvenues, elles laissent persister certaines de nos inquiétudes, le budget du CNC connaissant, même en l’absence de ponction par le Parlement, une forte baisse du fait de la chute des recettes provenant des taxes perçues par l’établissement public. Plus que jamais, il s’agira donc pour nos autorités de tutelle de faire de véritables choix. Or, dans le contexte économique actuel, et au vu du niveau de concentration sans précédent du secteur, il nous faut réaffirmer la nécessité de mieux orienter les moyens du CNC en favorisant les soutiens sélectifs, afin de revenir à une répartition équitable des ressources au profit des acteurs de la diversité, plus fragiles économiquement. Cela nous paraît d’autant plus nécessaire à l’heure où se pose déjà, quatre ans seulement après le vote de la loi du 30 septembre 2010, la question du renouvellement des équipements numériques et du devenir de la contribution numérique. Il sera, là encore, indispensable de trouver ensemble, en concertation avec l’ensemble de la filière, des solutions pour que le CNC accompagne cette nouvelle phase de l’ère numérique. À défaut, c’est la préservation du maillage formidable de notre territoire en matière cinématographique qui serait en danger.

Enfin – et nous ne cessons de le répéter –, la meilleure répartition des ressources doit également être accompagnée d’instruments de régulation efficaces pour assurer la pérennité de la filière indépendante, à tous les niveaux de la chaîne de production et de diffusion des oeuvres cinématographiques. À cet égard, et s’agissant plus particulièrement de l’exploitation, la proposition du CNC d’imposer aux exploitants des engagements de durée – modulables en fonction du type d’exploitation et s’appliquant seulement en l’absence d’accord écrit – a suscité la polémique au regard des effets pervers qu’elle pourrait engendrer. Pour notre part, nous retiendrons que le CNC a également proposé d’instituer des engagements de diffusion aux distributeurs. C’est la première fois qu’il se dit prêt à explorer sérieusement cette voie qui peut participer à limiter la surexposition croissante, notamment des films recommandés « porteurs », dans les grandes agglomérations, en favorisant une meilleure circulation des oeuvres sur le territoire. Sur ce terrain, comme sur les autres chantiers actuellement en cours, le mouvement Art et Essai se tient prêt à apporter sa contribution.

Patrick Brouiller, président de l’AFCAE.

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Edito

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Dans le train à grande vitesse qui me ramène des vacances, j’ai pour voisin un petit garçon de 5 ans. Au début du voyage, il réclame de l’attention et se tourne vers sa mère assise à côté de lui.

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