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Octobre 2015

CONSTRUCTIF

De retour d’un congrès de Deauville, dont on se souviendra de la soirée mémorable du 70ème anniversaire de la FNCF rassemblant des réalisateurs prestigieux, il nous faut d’emblée saluer plusieurs annonces de la Présidente du CNC : la mise en place d’un fonds spécial pour la transmission de salles indépendantes et la perspective, dans le cadre de la loi « Création », de nouvelles dispositions législatives en faveur d’une application à la lettre des préconisations du Rapport Lagauche, d’une mise en place d’engagements de diffusion pour les distributeurs, ainsi que d’une réforme des cartes illimitées au profit des exploitants indépendants « garantis ». Autant de pas en avant qui répondent aux demandes de plusieurs organisations professionnelles, parmi lesquelles l’AFCAE.

L’autre fait marquant fut l’écho donné à la petite exploitation. Dès le 29 septembre, Laurent Coët, rapporteur de la branche, exprimait le sentiment d’abandon des petits exploitants, l’impression de discrimination dans l’accès aux films, au matériel de promotion, au transport des copies, … Il rappelait que 3 cinémas sur 4 relèvent de la petite exploitation. 3 cinémas sur 4 qui sont un maillon essentiel de l’aménagement culturel du territoire. On ne peut utiliser l’argument de l’aménagement culturel du territoire à chacun de nos combats sans être, en même temps, solidaires de la petite exploitation.

Suite à la concurrence des multiplexes, à la réduction des dotations aux collectivités, à l’offre démultipliée sur les nouveaux supports, le modèle économique des mono-écrans est en péril. Au cours du débat « Cinémas et Territoires », l’une des perspectives intéressantes évoquée fut le nombre significatif de projets d’extension de mono-écrans. Les Montreurs d’images à Agen, Le Select à Antony, Le Cinos à Berck-sur-mer : tous ces anciens mono-écrans, devenus des lieux chaleureux très fréquentés, montrent à quel point, à deux mois des régionales, l’un des enjeux décisifs pour cette branche se situe dans la capacité des salles à se transformer. Francis Fourneau et Laurent Coët exposaient le mercredi, sous les applaudissements, sept revendications pour améliorer le quotidien de la petite exploitation. L’AFCAE, dont une large part des adhérents est issue des petites villes et des zones rurales, soutient l’ensemble de ces revendications, en particulier celle remettant en cause les demandes de plein programme pour les mono-écrans qui sont un obstacle majeur à la diversité. Mais encore faut-il avoir le film à l’affiche. Comme cela a été souligné par des représentants de l’AFCAE, le problème majeur des petits cinémas demeure le délai de 4 semaines au-delà duquel les distributeurs ne paient plus de contribution numérique. L’effet pervers de cette mesure (une simple recommandation du Comité de concertation numérique pouvant facilement être révisée) est, pour la petite exploitation, sa quasi-exclusion du marché de manière discriminatoire et durable. Le raccourcissement de ce délai serait un bol d’air pour les petites salles. Le Président la FNCF, Richard Patry, a annoncé que le comité de concertation numérique se réunirait prochainement et plus fréquemment, avec parmi les principaux sujets l’après VPF et cette fameuse 5ème semaine.

A côté, les déclarations récentes de Nathanaël Karmitz apparaissaient bien mesquines. Nous y avons répondu par un communiqué. Dans le même sens, Frédérique Bredin a rappelé à quel point « l’art et essai était l’un des biens communs les plus précieux de la filière cinéma ». Elle a annoncé la mise en place d’une mission de réflexion afin de simplifier et d’améliorer la lisibilité de la procédure de classement des salles art et essai. C’est dans un esprit constructif que nous accueillons cette mission. L’enveloppe Art et Essai doit rester au minimum constante et le parc de salles classées préservé. Nous ne doutons pas que les principes vertueux du classement seront conservés : la prise en compte du potentiel de chaque type d’exploitation, le caractère progressif de l’aide et l’intégration de critères quantitatifs et qualitatifs dans l’appréciation du travail des salles. Nous ne manquerons pas, dès les prochains mois, de communiquer à Patrick Raude, président de la mission, nos propositions concrètes.

Pour conclure, ce 70ème Congrès fut le premier pour Alain Auclaire, dans sa fonction de nouveau président de la commission nationale Art et Essai, pour Xavier Lardoux, nouveau directeur du cinéma au CNC, pour Corentin Bichet, nouveau chef du service de l’exploitation, pour Aline Rolland et Stéphane Libs, nouveaux co-présidents du SCARE et pour moi-même, en tant que nouveau président de l’AFCAE. Difficile d’imaginer un renouvellement plus stimulant. Dans le même temps, l’adjectif le plus utilisé par le CNC, la FNCF, l’AFCAE et le SCARE fut le mot « constructif ».

Gageons que ce volontarisme collectif soit de bon augure. A suivre.

François Aymé, Président de l’AFCAE

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