Pour accompagner les salles dans leur travail auprès des publics jeunes, l'AFCAE propose chaque mois une sélection des prochaines sorties identifiées 15-25 ans.
Dans le cadre du partenariat entre le pass Culture et l'AFCAE, les séances des films « 15-25 » seront mises en avant sur la page d'accueil de l'application.
Pour les cinémas qui organisent des animations autour des films cités, nous aimerions avoir vos retours sur ces séances, merci d'avance pour vos partages !
Semaine du 2 décembre
DU FIOUL DANS LES ARTÈRES de Pierre Le Gall
France, Suisse, Allemagne - 1h45 - Documentaire - Pan Distribution
• Soutien Inédits
• Festival de Cannes 2026 - Semaine de la Critique - Queer Palm, Prix découverte
Étienne est routier. Accroché à la route, il réduit sa vie affective à des rencontres anonymes et éphémères sur des parkings. Quand il croise Bartosz, un camionneur polonais, sa solitude est bouleversée.
Accompagnements
Un document 4 pages est à commander avant le 2 novembre. Livraison à partir du 2 décembre.
Une pastille vidéo du réalisateur sera prochainement disponible sur la fiche film.
Une fiche exploitant·e sera prochainement disponible.
Il est possible d'organiser une séance spéciale en avant-première, suivie de la retransmission en direct de la rencontre avec Pierre Le Gall, organisée dans le cadre de la Journée Art et Essai du Cinéma Européen, en direct des Rencontres des Cinémas d'Europe au cinéma Le Navire d'Aubenas. Plus d'information ici.
L’AFCAE propose en partenariat avec l'ADRC des séances accompagnées sur le film pour les salles adhérentes aux deux structures. Si vous êtes intéressé·e, vous pouvez contacter antoine.bernard@afcae.org et votre référent·e régional·e au sein de l'ADRC.
Un quiz sur les films d'amour sera également proposé d'ici la mi novembre.
L'association Playful peut proposer une animation jeu-vidéo autour du film.
Le film est disponible sur la plateforme de visionnement de l'AFCAE.
Thématiques :
- Romance
- LGBTQIA+
- Travail, route
Les mots des exploitant·es
Avec Du fioul dans les artères, premier long-métrage captivant, Pierre Le Gall nous propose une chronique romantique et sociale d'une justesse rare. Le film suit Étienne (Alexis Manenti), un routier français taiseux, et Bartosz (Julian Swiezewski), son homologue polonais. Née dans la pénombre d’une aire d’autoroute, leur romance clandestine transforme la cabine d’un 38 tonnes en un refuge d’une immense tendresse. Le réalisateur évite le piège du mélo politique pour filmer avec un naturalisme poignant la solitude, la fatigue et les marges du monde du transport. Loin des rôles de force brute, Alexis Manenti éblouit par sa vulnérabilité, traduisant à l'écran l'éveil sentimental d'un homme rugueux. Par la force de ses silences et la beauté de ses cadres, ce film magnifie l’intime au cœur du monde mal connu des transporteurs routiers. Un film profondément solaire, qui s'impose comme la magnifique surprise de cette fin d'année.
Céline Baile - Théâtre Scène Nationale d'Albi
Membre du groupe 15-25
Ce premier long métrage au titre singulier porte un regard qui l’est tout autant sur l’univers des routiers. Récit sensoriel et précis, auréolé de la beauté graphique des confins urbains où seuls les poids-lourds s’aventurent, le film sert d’écrin magnifique à une romance particulièrement inspirante : celle que deux travailleurs acharnés parviennent à arracher au monde globalisé qui les asservit. Alexis Manenti et Julian Swiezewski prêtent leurs corps massifs à de tendres étreintes, incarnant avec une jubilation communicative la liberté que ce cinéma-là donne à Étienne et Bartosz, à rebours de leur invisibilité sociale. On avait laissé Manenti s’évaporer dans la montagne Corse (Le Mohican, 2025), il ressurgit ici, réfugié dans sa discrétion avant d’être bouleversant comme jamais.
Nicolas Milesi - Cinéma Jean Eustache, Pessac
Membre du groupe Inédits
Semaine du 23 décembre
MYSTERIOUS SKIN de Gregg Araki
États-Unis – 1h45 – Drame – Interdit - 16 ans – mk2 Films
• Festival de Cannes 2026 - Semaine de la Critique - Queer Palm, Prix découverte
• Mostra de Venise 2004 - Orizzonti
À huit ans, Brian se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans souvenir de ce qui lui est arrivé. Dix ans plus tard, convaincu d’avoir été enlevé par des extraterrestres, il tente de retrouver Neil, un garçon de son ancienne équipe de baseball devenu un jeune homme magnétique et insaisissable. Avec lui, Brian cherche à dénouer le mystère de leur enfance, qui les empêche encore de vivre.
L'ADRC propose des séances accompagnées sur le film.
Une fiche exploitant·e sera mise à disposition sur la fiche film, contenant une "vidéo exploitant·e" et un dépliant à l'attention du public.
Thématiques :
- Enfance
- Inceste
- Traumatisme
Le mot de l'exploitant·e
Le choc : voilà l'empreinte tenace que laisse Mysterious Skin. Un choc esthétique, d'abord, porté par un cinéma engagé, queer et indépendant, qui ne fait pas de l'esthétique une fin en soi, mais utilise la puissance des images pour marquer les esprits et hanter durablement la rétine. Un choc scénaristique, ensuite : s'emparer d'un sujet pareil est difficile, nécessaire et politique, d'autant plus lorsqu'il est raconté à hauteur d'adolescents et s'adresse à eux (mais pas seulement). Enfin, le choc de l'interprétation, en redécouvrant tous jeunes Brady Corbet (réalisateur de The Brutalist), Michelle Trachtenberg (figure marquante de la génération de La Trilogie du samedi) et un Joseph Gordon-Levitt incandescent, dans l'un de ses rôles les plus impressionnants. Ces différents aspects façonnent une œuvre singulière, à ranger parmi les jalons majeurs du cinéma indépendant américain et sans doute le geste le plus fort de la filmographie de Gregg Araki.
Mylène Frogé - Cinéma La Tournelle, L'Haÿ-les-Roses
Membre du groupe 15-25
Pour la première et unique fois, l’américain Gregg Araki adapte un roman, celui de son compatriote Scott Heim, paru en 1995. Il met son esthétique pop et sa façon très crue d’aborder la jeunesse au service d’une œuvre glaçante et nécessaire. Le cinéaste volontiers provocateur trouve ici la pudeur et la bienveillance adéquates pour raconter cette histoire d’amitié scellée autour d’un trauma terrifiant. Le monstre que les deux ados vont retrouver n’est pas extraterrestre, il faut bien admettre qu’il appartient au genre humain. Cette rencontre du troisième sale type est proprement sidérante.
Grégory Le Perff - Scène Nationale de Dieppe
Membre du groupe Répertoire
Semaine du 9 décembre
VIENDRA LA RÉVOLUTION de Pegah Ahangarani
République Tchèque, Espagne – 1h35 – Documentaire – Jour2Fête
• Festival de Cannes 2026 - Sélection officielle, Séance spéciale, Oeil d’or du meilleur documentaire
• Mention spéciale du jury international, Prix du jury étudiant, Prix du jury presse War on Screen
À travers cinq portraits de ses proches, autant de figures de résistance, Pegah Ahangarani trace le récit intime de sa vie. Puisant dans ses archives personnelles, vidéos familiales, images de manifestations, articles de presse et enregistrements sonores, elle traverse plus de quarante années d’histoire de l’Iran. Des premiers élans de 1979 jusqu’à la guerre déclenchée en 2026, elle tisse un dialogue entre mémoire individuelle et histoire collective, dressant le portrait d’un pays marqué par la répression politique mais porté sans relâche par le désir de liberté et l’espoir d’une révolution.
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C'est un tour de force que réalise Pegah Ahangarani en nous faisant traverser quarante-sept ans d'histoire de l'Iran au travers de cinq portraits d'une puissance et d'une sensibilité vives. Elle rend un hommage fort à ceux qu'elle a aimés et qui ont participé à différentes époques à des mouvements révolutionnaires contre le régime tyrannique iranien, grâce à un travail minutieux de sélection d'archives publiques et privées. Dans le prolongement de son père, lui-même cinéaste, la réalisatrice interroge notre rapport aux images et à la mémoire, et délivre une déclaration d'amour à ses proches, au cinéma et à la révolution.
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Le film est disponible sur la plateforme de visionnement de l'AFCAE.
Thématiques :
- Révolution
- Iran
- Archives
BARÇA ZOU de Paul Nouhet
France – 1h26 – Comédie dramatique - L’Atelier Distribution
• Festival de Cannes 2026 - ACID
L’été de leurs dix-huit ans, Emile, Paul, Hascoët et Léo partent à Barcelone, la Mecque du skateboard, pour leurs premières vacances entre potes. Dix ans plus tard, ils s’appellent et se refont le film.
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Barça Zou, c'est un film sur la jeunesse qui parle aux jeunes, ce qui n'est pas une évidence ! C'est aussi une réflexion sur les images, le montage, l'objet camera, la fiction, l'écriture... Bref, c'est à la fois un "petit film", tendre et frais, qu'on a envie de s'approprier, et un formidable vecteur de réflexion sur le cinéma. Puissant !
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Accompagnements
Le film est soutenu par le GNCR.
L’ADRC propose à ses salles adhérentes des séances accompagnées sur le film – se rapprocher auprès de votre référent·e diffusion au sein de l’ADRC.
L'association Playful peut proposer une animation jeu-vidéo autour du film.
Le film est disponible sur la plateforme de visionnement de l'AFCAE.
Thématiques :
- Amitié
- Skateboard
- Souvenirs
Semaine du 16 décembre
JE VOIS DES IMMEUBLES TOMBER COMME LA FOUDRE de Clio Barnard
Angleterre – 1h49 – Drame – Pyramide Distribution
• Soutien Inédits
• Festival de Cannes 2026, Quinzaine des cinéastes, Prix du public, Prix du jury de la Palm Dog
Cinq amis. Cinq vies. D'innombrables espoirs. Patrick, Shiv, Rian, Oli et Conor ont grandi à Birmingham. Ils jouaient ensemble, séchaient les cours ensemble et rêvaient ensemble du futur. Aujourd'hui, ils ont trente ans et sont rattrapés par le quotidien. Seul Rian a quitté la ville et fait fortune à Londres. Quand il revient s’installer à Birmingham, les secrets enfouis refont surface.
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Après Le Géant égoïste, Clio Barnard impressionne à nouveau par sa capacité à filmer l'amour, l'amitié et les émotions, tout en tissant le portrait d'une société fragmentée, marquée par l’exclusion et la violence économique, sans jamais tomber dans le sentimentalisme. Reprenant parfois les codes des séries, le film pourra séduire de jeunes vingtenaires.
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Accompagnements
Un document 4 pages est à commander avant le 16 novembre. Livraison à partir du 23 novembre.
Thématiques :
- Amitié
- Inégalités
- Addictions
Le mot de l'exploitant·e
Un tableau très touchant d’un groupe singulier et improbable filmé par une caméra intrigante qui questionne beaucoup, l’air de rien. Le choix de dépeindre un milieu social pas misérable (voir aisé), cultivé et intégré mais avec des gens qui survivent malgré tout et conservent la tête hors de l'eau est une approche innovante et un procès d’une société tout en finesse. L’acceptation qui se fissure (pas de révolte ni de violence) grâce à un marxiste à vélo, nous questionne. Heureusement leur amitié solaire illumine largement ce film (où il n'y a jamais de soleil). Et elle suffit pour donner un sens à leur vie.
Vincent Kopf - Cinéco, St-Martin-de-Lansuscle
Membre du groupe Inédits
Semaine du 30 décembre
LES FILLES D'ABRAHAM de Hanaël El Yousfi
France – 1h33 – Drame – Les Films du Losange
Après plusieurs années de rupture, Myriam, jeune femme de culture musulmane qui grandit à Marseille, renoue durant les vacances d’été avec Eva, issue d’une famille juive. Ensemble, elles vivent leur jeunesse hors des cadres imposés.
Mais cet été d’insouciance se fissure lorsqu’un drame bouleverse l’équilibre de leur cercle social et familial, et bientôt, leurs propres destins.
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Très beau film, vibrant et profondément actuel, Les Filles d'Abraham raconte l'histoire de deux jeunes amies, l’une juive, l’autre musulmane, et les tensions qui peuvent naître entre leurs communautés. À travers leur histoire, le film fait dialoguer une jeunesse libre, tumultueuse et désireuse de s’émanciper avec le poids des traditions et des héritages familiaux. Avec beaucoup d’énergie et de sensibilité, il aborde des thèmes forts comme la discrimination, les préjugés, la liberté et le vivre-ensemble.
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Thématiques :
- Religion
- Famille
- Violence