"Médée"

de Pier Paolo Pasolini

 

1969 - Distribution : CIPA - Ressortie le 7 janvier 2004 copies neuves

Le groupe Répertoire vous invite à programmer* la " Médée " de Pasolini qui ressort en copies neuves et vient d’obtenir l’aide de la Commission d’aide aux films réédités du C.N.C.Le Courrier de l’Art et Essai de décembre consacrera une page à cet événement cinéphilique.

 

Le distributeur édite à cette occasion un document promotionnel de 4 pages et de nouvelles affiches disponibles sur demande à :

CIPA

Tél. : 01.44.43.85.11/Fax : 01.44.43.85.13

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Tourné en 1969, et peu revu depuis sa sortie, " Médée " est interprété par Maria Callas (elle avait précédemment chanté à l’opéra la Médée de Cherubini mis en scène par Visconti), et par Laurent Terzieff. C’est le seul rôle d’actrice à l’écran d’une Callas sobrement convaincante (souvent muette), expressive et inspirée.

Pasolini, en revisitant le grand mythe antique et la tragédie d’Euripide, a choisi d’opposer le monde archaïque et primitif (Médée) au monde moderne et civilisé (Jason, Créon), le sacré et le magique au rationnel et au profane.

Le film est tout sauf un péplum. Il s’inscrit dans la lignée d’Œdipe Roi, de l’Evangile selon Saint Matthieu. Une beauté plastique –à la fois baroque et âpre- est le contrepoint esthétique de cette terrible histoire d’infanticide, de jalousie et de passion. Réflexion aussi sur la différence, la révolte, la condition féminine, " Médée " illustre magistralement l’audace, la poésie, et la liberté du grand créateur de mots et d’images que fut Pasolini, le scandaleux, " le barbare ".

Pour information, le texte du scénario de " Médée " (enrichi de notes et de poèmes de Pasolini, d’une interview de la Callas) est publié chez Arléa (diffusion Le Seuil).

* D’autres films de Pasolini sont actuellement en distribution chez Carlotta.

 

Lemonde.fr

Médée : la tragédie de la naissance du monde moderne

 
Reprise de l'unique incursion de la Callas au cinéma, dans le film de Pier Paolo Pasolini.

extrait

"On trouvera dans la littérature qu'a suscitée l'œuvre de Pasolini toutes les interprétations possibles de cette confrontation entre deux corps a priori étrangers au cinéma, réunis par la force de la mise en scène. Ces commentaires ont tous droits de cité : à chaque plan, on perçoit de manière presque physique la somme de pensée et de réflexion qui affleure à la surface des images. Et, pourtant, ce qui donne forme à cette méditation sur la fin de l'âge magique, sur l'apprentissage de la réalité de la marchandise et de la raison est aux antipodes du didactisme et relève de la poésie pure."

Thomas Sotinel

le Monde du 7/01/04