| Histoire |
Temps d’été
au pays des lapins. Mais, tandis que Tom se prélasse à la plage, un
drame se joue dans le sous-bois. Loulou, le jeune loup, se retrouve seul
au monde. Comment survivre quand on ne sait ni ce qu’on est ni ce qu’on
est censé manger ? Adopté puis répudié par des lapins, Loulou va
faire son apprentissage entre le confort douillet du terrier et les
périls de la forêt. Au-delà des différences, une grande histoire de
tolérance et d’amitié
En
complément de programme :
- Marie
K et le loup de Marie Caillou (7 mn) : Top-model, joli job. Mais
gare à la concurrence si le loup qui vous sert d’accessoire à
votre place rêve de s’asseoir.
- Micro
loup de Richard Mac Guire (6 mn) : Montrer le plus petit loup du
monde à New York, OK. Encore faut-il veiller à ce que le goulu ne
croque pas la grosse pomme.
- T’es
où Mère-Grand ? de François Chalet (6 mn) : C’est l’heure
du goûter et Mère-Grand a disparu. Loup et chaperon partent à sa
recherche. Ca va swinguer sur la planète.
- Pour
faire le portrait d’un loup, hommage à Jacques Prévert de Philippe
Petit-Roulet : Il faut des poils, des yeux, des pattes, des
oreilles, une queue, sans oublier les dents, sûrement le plus
important
Personnage
clé du conte, le loup est dans ce programme tourné en dérision et
décliné dans des univers différents et inventifs. Loulou, le clou du
programme est une petite merveille. Tiré d’un classique de la
littérature pour enfants, c’est une adaptation réussie : tout en
étant fidèle au livre, Serge Elissalde a développé le trio des
lapines, un sens de l’humour savoureux et il a choisi une musique
moderne et entraînante. Le brio des couleurs et la clarté du récit
confèrent à ce film parfaitement adapté aux tout-petits toutes les
qualités que l’on peut exiger pour les jeunes spectateurs.
A noter
qu’une exposition de 20 panneaux format A3 sera disponible dès la fin
février. Pour tout renseignement, s’adresser à Gebeka Films.
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Critique |
LOULOU
ET AUTRES LOUPS...
Note
des auteurs
Le loup
est un personnage clé du conte traditionnel. Il y incarne la peur du noir,
la terreur nocturne, l'effroyable rétribution de l'imprudence ou de
l'indiscipline des enfants. En partant de Loulou, l'album classique de
Grégoire Solotareff, nous avons souhaité inverser cette proposition, nous
intéresser pour une fois, non aux émotions que suscite le loup, mais à
celles qu'il peut éprouver, afin de casser un stéréotype et d'ouvrir
de nouvelles perspectives à la perspicacité de nos jeunes spectateurs.
Loulou,
c'est en somme l'histoire de la raison triomphant de l'instinct. Tout oppose
le loup et le lapin, l'un est naturellement le prédateur du second, mais
que faire quand ce dernier est aussi son meilleur, son seul ami ? Dépasser
ses pulsions archaïques, surmonter sa violence, la canaliser vers des buts
plus élevés. Apprendre à vivre dans la société de l'autre. Viser
l'harmonie. C'est l'expérience que fait notre jeune loup au fil d'une
aventure qui évite soigneusement le prêchi-prêcha et la morosité.
En
complément de programme, nous avons développé "Autres Loups",
une suite de quatre courts métrages animés réalisés selon la technique
dite vectorielle — création et animation directement sur ordinateur. Là
encore, l'humour, le clin d'œil, le contre-pied ont été mis à
contribution. Qu'il conteste au Petit Chaperon son statut de top-model, soit
injustement soupçonné d'abus de Mère-Grand, dévore son créateur ou
carrément New York, le loup y apparaît comme un personnage hautement
rigolo.
La
rencontre avec les illustrateurs-réalisateurs - Marie Caillou, François Chalet,
Richard McGuire, Philippe Petit-Roulet, tous familiers des modes de
création graphique les plus avancés - s'est révélée féconde. A sa
façon, chacun de ces petits films explore une voie particulière de l'animation
et invente une nouvelle manière de raconter l'une des plus vieilles
histoires du monde.
Le
loup reprend du poil de la bête
Cinq
films d'animation qui dépoussièrent le mythe avec humour
et vista technique.
Par
Michel BOUDEVITCH / mercredi 26 mars 2003/ liberation
Loulou
et autres loups...
Cinq films d'animation écrits
par Jean-Luc Fromental et Grégoire Solotareff, réalisés
par Serge Elissalde, Richard McGuire, Marie Caillou, François
Chalet
et Philippe Petit-Roulet.
Qui
craint le grand méchant loup ? Peu soucieux de courser
les porcelets, plus affamé de tendresse que de chair fraîche,
un loupiot plutôt empoté, orphelin, est trop content de
copiner avec une bande de lapins. Une convivialité
parfois compromise : parties de pêche, bals, aubades au
clair de lune et bamboches ne vont pas sans quelques
horions et embrouilles. Parents et enfants retrouveront
avec délice le Loulou du conteur-illustrateur Grégoire
Solotareff (publié à l'Ecole des loisirs, traduit dans
le monde entier), adapté à l'écran par le cinégraphiste
Serge Elissalde. Dans son sillage, d'autres cinéplasticiens
ont été invités à dépoussiérer le mythe du rôdeur
retors avaleur de grand-mère...
Cela
va du conte de Perrault ravigoté en road-movie un
noiraud moins affamé que son rouge chaperon à l'heure du
goûter (T'es où mère-grand ? de François
Chalet) , à la comédie musicale : la belle, qui se
pavane et se pomponne en top model, n'en est pas moins éclipsée
par la bête (Marika et le loup de Marie Caillou).
Dans une alerte pantomime perçue en plongée, on suit à
la loupe le plus petit loup du monde (Micro Loup de
Richard McGuire), encagé, embarqué, exhibé par un
chasseur jusqu'à New York, observé à vol d'oiseau comme
dans un tableau de Mondrian. Avant de papillonner comme Prévert
: Pour faire le portrait d'un loup de Philippe
Petit-Roulet.
La
réussite de ce Loulou peut en cacher une autre,
celle de l'animation à la française, qui se porte bien,
ainsi qu'en a témoigné le récent Forum du long métrage
d'animation européen aux studios Babelsberg de Potsdam,
près de Berlin. On a pu y voir une quarantaine de pilotes
d'une douzaine de pays et une dizaine de films achevés.
La France l'emporte avec 13 titres devant l'Espagne (10),
l'Allemagne et l'Angleterre (4 chacune). Et Didier Brunner,
catalyseur de Kirikou, a reçu un satisfecit de ses
pairs en tant que producteur de films d'auteurs.
Les
sorties prévues dans les salles hexagonales se
multiplient comme jamais auparavant, des Enfants de la
pluie, féerie écologique de Philippe Leclerc, aux Triplettes
de Belleville, comédie burlesque de Sylvain Chomet
(en juin), via Kaena, heroic fantasy en images de
synthèse (une première française). En attendant, mais
pas avant Noël, la Prophétie des grenouilles de
Jacques-Rémy Girerd.
Solotareff,
dessins et sons
Comment
l'auteur d'histoires pour enfants a trouvé écho au cinéma.
Par
Anne DIATKINE
mercredi 26 mars 2003
Grégoire Solotareff, qui a conçu avec Jean-Luc
Fromental le programme des cinq courts métrages Loulou
et autres loups, comprend les gens qui ne supportent
pas les dessins animés. Lui-même n'avait pas grande
passion pour le genre, avant d'y travailler. Il a
vaguement le souvenir d'avoir pris goût aux premiers
Disney, enfant, «sans les avoir vus en salle, car il
n'y avait pas de cinéma à Beyrouth, où nous vivions».
L'avantage, c'est que les cinq films, réalisés par des
auteurs graphiques très différents les uns des autres,
ont toute chance de séduire aussi ceux qui sont
allergiques au film d'animation, tel qu'on en voit dans
les programmes télévisés. Notamment grâce au son.
Autre langue. L'image est surprenante, les couleurs ont
une densité rare, mais on peut faire l'expérience de
fermer les yeux. La différence alors avec ce qui est
communément proposé, saute à l'oreille : pas de voix
d'adultes qui imitent celles des enfants, pas de musique
tonitruante, pas de dialogues débiles. Aucune marque
auditive et souvent uniforme du dessin animé. On entendra
une langue qui n'existe pas et une composition gypsy de
Sanseverino. Ou encore, un hommage sous forme de parodie
à Jacques Prévert, qui nous permettra de savoir comment
faire le portrait d'un loup.
Grégoire Solotareff, 50 ans, auteur d'une cinquantaine
d'albums pour enfants à l'Ecole des loisirs, avait envie
de réaliser un long métrage. Le problème est que les
personnages dessinés exigent, en dépit de leur
inexistence, beaucoup plus de temps et d'argent que les
acteurs en chair et en os au point que ça ne vaut
presque pas le coup de ne pas vivre, si c'est pour avoir
autant de besoins. Avant même de s'être attelé à l'écriture,
il aurait déjà fallu que le futur réalisateur sans
aucune expérience vende son film à une foule de pays. Grégoire
Solotareff a donc tiré un personnage de ses albums,
populaire, «techniquement assez simple à traiter à
cause des aplats de couleur et des traits noirs» :
Loulou, le célèbre jeune loup orphelin, qui ne sait ni
qui il est, ni ce qu'il doit manger, et qu'une bande de
lapins recueille. Dans la forêt, on entend le bruit des
vagues. On pourrait être «dans les Landes, ou encore
au Liban». Souvenir d'enfance, restitution d'émotion
antérieure à la mémoire : «J'adore le bruit de la
mer à travers les arbres, quand on ne la voit pas.»
Dessins à animer. Pour Grégoire Solotareff,
l'avantage de l'adaptation cinématographique sur l'album,
et la grande découverte, c'est que «le son donne l'idée
de l'espace». Il ajoute : «On doit même tenir
compte du son dans un film d'animation, beaucoup plus que
du texte dans l'album.» En revanche, l'une des
contraintes de l'adaptation, est que «le dessin n'a
pas de vie en lui-même». Le loup doit être quasi
identique d'un photogramme à l'autre, sinon les 24 images
par seconde sautillent. Un effet vibratoire que Grégoire
Solotareff ne souhaitait pas explorer. «Il a fallu
faire entrer Loulou dans un cadre.» Les dessins
d'origine ont été redessinés par le réalisateur Serge
Elissalde qui a fait le story-board. Tandis que Jean-Luc
Fromental s'est plutôt occupé des dialogues.
Le court métrage de 30 minutes a nécessité la
collaboration d'une quarantaine de personnes, rien que
pour le dessin. «Pour un long métrage, les
producteurs sont obligés d'anticiper un relatif succès.
Sans le triomphe inespéré de Kirikou de Michel
Ocelot et l'audience des films de Miyazaki, personne ne
s'aventurerait à produire des dessins animés originaux,
et les enfants n'auraient encore que Disney à se mettre
sous les yeux.» .
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