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Pétition : Pour une diversité du cinéma sur France Télévisions, en période de confinement… et après !

4 Mai 2020

Un collectif de réalisateurs, de distributeurs, de directeurs de festivals et d’autres professionnels du cinéma se réjouissent de voir davantage de films de patrimoine diffusés par la télévision publique. Ils souhaitent que cette initiative se poursuive après le confinement. L'AFCAE est signataire.
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Voici déjà plus d’un mois que nous sommes des millions confinés chez nous.
 
Malgré la fermeture des salles et de tous les lieux culturels, le cinéma est omniprésent (et c’est tant mieux) grâce à ces autres médias que sont Internet, la VoD, la SVoD, la vidéo, et bien sûr à la télévision linéaire, où il bat actuellement des records d’audience.
 
Car, pour combler le manque de contenus, les chaînes nationales gratuites, notamment France 2 et France 5, redécouvrent la joie de programmer le cinéma de patrimoine, tous les jours, en particulier avec la case patrimoine de 14h apparue le 21 mars sur France 2, puis quelques semaines après sur France 5. Pour aussi, nous dit le directeur de la stratégie des publics à France Télévisions : « programmer des films cultes qui permettent de se changer les idées, de s’évader après le JT ».
On ne peut que se réjouir d’un retour massif du cinéma de patrimoine sur France Télévisions, dans cette période si particulière. Souhaitons que cette envie frénétique perdure en post-confinement.
 
Néanmoins : quels sont ces films soudainement programmés ? Des films populaires de qualité (pour l’essentiel), pour la plupart des années 1970-80, qui font partie de l’histoire du cinéma français, avec lesquels des générations de spectateurs ont grandi. Il s’agit essentiellement de films multi-diffusés, reprogrammés des dizaines de fois sur ces chaînes ou d’autres.
 
Il est vrai que les grands classiques, garants d’une mémoire commune, ont vocation à être vus et revus, et qu’il est important de continuer à les montrer, notamment pour les nouvelles générations.
 
MAIS… notre inquiétude est que cette proposition cinéma de France Télévisions ne se place (à quelques exceptions près) que sur ce terrain-là, et ne propose rien d’autre issu de notre extraordinaire patrimoine cinématographique, ni de la diversité des cinémas du monde entier.
Confinement ou pas, les autres médias font preuve tout au long de l’année de diversité, rassemblant les cinéphiles les plus pointus et un plus grand public. Des salles de cinéma aux magasins de vidéos, aux autres chaînes telles Arte, Ciné+ et OCS, aux sites de VoD et à la plupart des sites de SVoD, des cinémathèques aux festivals : la majorité des acteurs sont dans ce rapport-là.
 
Pourquoi alors France Télévisions, notre service public, ne montre-t-elle pas le même exemple ?
 
Ses statuts précisent notamment qu’elle doit « s'attacher à diversifier sa programmation cinématographique et à développer la partie éditoriale des cases cinéma pour les mettre en valeur, programmer régulièrement des œuvres d'art et d'essai, afin de refléter cet aspect de la création cinématographique. »
 
En parallèle de très bons Gérard Oury, Louis de Funès, Yves Robert, etc. diffusés sur ces nouvelles cases, pourquoi ne sont pas programmés également des films populaires de Truffaut, Clouzot, Chabrol, Pialat, Varda, Demy, ou même Renoir, Guitry, Duvivier, Pagnol ou Carné ?
 
Ou encore, de grands cinéastes européens et étrangers comme Bergman, Lubitsch, Capra, Fellini, Rossellini, Welles, Hitchcock, Ford, Powell, Kurosawa, Ozu, Wajda, Lean, Leone, ceux du Nouvel Hollywood ou ceux d’aujourd’hui, Loach, Almodovar, Campion, Bigelow ?
 
Pourquoi ne pas mettre plus en valeur le cinéma français contemporain à travers les films qui ont révélé des Ozon, Desplechin, Assayas, Sciamma, Honoré, Zlotowski et autres, ou des comédies déjà cultes et parfois coproduites par France TV, des Klapisch, Jaoui, Podalydès, Marshall, Lvovsky, Salvadori, Hazanavicius, Sattouf, etc. ?
 
Nous en sommes certains : ces cinéastes et leurs films permettent aussi de « se changer les idées, de s’évader » !
 
Ce qui nous anime, nous passionnés de cinéma, cinéastes, producteurs, distributeurs, exploitants, éditeurs, festivals, cinémathèques, critiques, c’est la diversité de tous les cinémas, des films les plus populaires du monde entier aux films dits « d’auteur ». De transmettre, de donner le goût et l’envie du cinéma. De tous les cinémas. C’est cette alchimie entre les registres qui fait de la France LE pays du 7e art.
 
De plus, c’est bel et bien le cinéma dans toute sa diversité qui séduit le spectateur français dans sa globalité, et pas uniquement une niche radicale de cinéphiles. Il n’y a qu’à voir les excellents scores d’audience des cases patrimoine d’Arte, le succès de chaînes comme Ciné+ ou OCS, ou encore la forte présence du cinéma de patrimoine dans la plupart des salles en France, dans de nombreux festivals, ainsi qu’à travers une formidable actualité en édition vidéo avec une multitude de coffrets.
 
Certes, France 5 affiche à l’année deux rendez-vous de patrimoine : le Cinéma de minuit de Patrick Brion (sauvé in extrémis il y a quelques mois par une pétition de nombreux cinéphiles et cinéastes) et Place au cinéma, dirigé par Dominique Besnehard. Deux merveilleux rendez-vous permettant déjà une belle (re)découverte de l’histoire du cinéma, mais qui, sur quatre chaînes publiques, nous semblent franchement insuffisants.
Notre souhait n’est pas de dresser une liste de reproches, ou de raviver la nostalgie du « c’était mieux avant » auprès de France Télévisions (même si nous sommes nombreux à regretter le Ciné-club d’Antenne 2 de Claude-Jean Philippe, où François Truffaut venait présenter à ses côtés Les Amants du Capricorne d’Hitchcock, ou de La Dernière Séance). Pourquoi d’ailleurs ne pas proposer aux cinéastes et critiques d’aujourd’hui de présenter ces films ?
 
Notre approche n’est pas d’opposer un lieu à un autre, chacun ayant ses spécificités et ses enjeux différents, ni d’être l’un contre l’autre, mais de travailler les uns avec les autres, de montrer les films des uns avec les films des autres, dans un enrichissement intellectuel, culturel et économique.
 
Enfin, l’acquisition de ces films constituerait un investissement salutaire pour les distributeurs indépendants, des plus grands aux plus petits, qui représentent une grande partie de ce cinéma et œuvrent au quotidien à la cinéphilie, à son renouvellement, et dont les portes de France Télévisions leur sont peu ou pas ouvertes.
 
En espérant que France Télévisions, qui fera sans doute le bon choix en préservant France 4 grâce à son succès mérité des dernières semaines, soit à l’écoute de ces propositions pour que le cinéma retrouve pleinement sa place sur notre service public.
 
Retrouvez les signataires de la pétition en cliquant ici.
 

Edito

Prise de pouvoir

Première vague et premier confinement : la sidération. Deuxième vague et deuxième confinement : la torpeur et l’abattement qui guette. Dit comme ça, ce n’est guère réjouissant, ni encourageant. La longue durée de cette situation incertaine avec de

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