KHAMOSH PANI

Sabiha Sumar

 

2003 – Franco-germano -pakistanais – 1h39 - vo

 Les Films du Losange - Sortie le 25 février

Léopard d’Or et Prix d’Interprétation Féminine au Festival de Locarno 2003

Montgolfière d’Argent et Prix du Public au Festival des 3 Continents Nantes 2003

 

1979 à Charkhi, un petit village du Pendjab pakistanais. Aïcha est une femme épanouie d’une quarantaine d’années qui ne parle jamais de son passé. Depuis la mort de son mari, son fils de 18 ans est au cœur de son existence. Salim, son garçon gentil, doux et rêveur, est amoureux de Zoubida. Au Pakistan, le général Zia-ul-Haq vient de prendre le pouvoir et d’instaurer la loi martiale. Le pays s’engage sur la voie de l’islamisation. Salim se met à fréquenter un groupe de fondamentalistes musulmans. Zoubida est peu à peu délaissée par son amoureux, tandis qu’Aïcha s’inquiète de voir son fils brutalement changer. Les événements se précipitent avec l’arrivée de Sikhs venus de l’Inde pour leur pèlerinage. L’un d’eux se met à rechercher sa sœur, une certaine Virou, que les Musulmans auraient capturée en 1947. Le passé refait brusquement surface….

 

" Pour moi, la religion et la politique doivent être des domaines séparés si nous tenons à trouver la justice et l’égalité. Quand le général Zia-ul-Haq a décidé d’utiliser les ressources de la Constitution pour rendre suprême la Volonté de Dieu, au –dessus de la volonté populaire, nous sommes entrés dans une période dangereuse pour le Pakistan. Khamosh Pani n’est pas une critique du fondamentalisme religieux. Les fondamentalistes ont aussi le droit de parler librement et rien ne doit leur interdire d’occuper leur propre place dans la société. Mais le fait est qu’une majorité de gens ainsi que leurs dirigeants politique ont abdiqué tout pouvoir face aux forces religieuses. Dans mon film, je veux plutôt insister sur les conséquences de ce phénomène. (…) Pour moi, il n’y a rien de plus naturel que de raconter une histoire du point de vue des femmes. Cela dit, je ne me pense pas comme une femme qui ferait des films mais plutôt comme quelqu’un qui raconterait des histories pouvant enrichir notre compréhension du monde, de notre passé comme de notre présent, afin de mieux éclairer notre avenir. "

Sabiha Sumar