JUST A KISS

 Ken Loach

 

2004 – Royaume Uni – 1h43 - vo -  Diaphana - Sortie le 14 juillet

 

Sélection Officielle Berlin 2004

Casim Khan, émigré Pakistanais de la deuxième génération, travaille comme DJ dans une des boites les plus cool de Glasgow, et rêve de monter son propre club. Ses parents, Tariq et Sadia, musulmans pratiquants, ont décidé de le marier à sa cousine, Jamine, dont ils attendent l'arrivée en Écosse. Leur projet semble bien compromis quand Casim s’éprend de Roisin. Jeune enseignante, Roisin est différente de toutes les filles que Casim a fréquentées jusqu'alors. Elle n'est pas seulement belle et intelligente, mais aussi volontaire, indépendante, et catholique.

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Ken Loach nous étonnera toujours. Il reprend, dans son nouvel opus, le canevas d’un " Roméo et Juliette " des temps modernes à Glasgow. Quittant la classe ouvrière qu’il affectionne particulièrement, Ken Loach a planté sa caméra au cœur des classes moyennes écossaises. Just a kiss est le pendant de son précédent film Sweet sixteen, portrait d’un adolescent des quartiers défavorisés de Glasgow. Casim et Roisin n’habitent pas le même quartier que Liam, le héros de Sweet Sixteen mais ils partagent cette même exigence de bonheur. Non, Ken Loach n’a pas trahi la classe ouvrière. Ce qui l’importe est, encore et toujours, cette même et unique question : quel choix s’offre aux individus dans une situation de crise ? Avec ce regard qui n’appartient qu’à lui, Ken Loach interroge les personnages sur cette question et il plonge le spectateur au cœur du couple pour en suivre, point par point, les revirements, les tremblements, les soubresauts. A l’aube de ses 70 ans, fort d’une carrière de près de 20 longs métrages, Ken Loach réussit, encore fois, à nous emmener au cœur des situations, dans la vérité des dialogues, dans la sincérité des comportements optant pour une caméra, certes, invisible mais toujours juste dans le rythme et le cadre. Casim, sa famille et le poids des traditions, cet équilibre si durement gagné. Roisin, son avenir professionnel, cette indépendance si durement gagnée. L’Islam et le Catholicisme. A la dimension romanesque du film, Ken Loach ajoute aussi toute l’actualité de notre monde contemporain. A l’heure où dans les médias, les religions font la Une (et particulièrement, l’Islam), Ken Loach affronte le sujet, sans complaisance en l’incarnant dans un drame individuel qui complexifie tout jugement que pourrait avoir le spectateur. Ken Loach réussit ce subtil équilibre entre l’histoire des hommes (le couple) et la Grande Histoire (le choc des cultures). Chapeau bas.