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CARNETS DE VOYAGE Walter Salles 2004 – Argentine – Pérou – Brésil – Pérou - France –2h06 - vo Distribution : Diaphana – Sortie le 8 septembre Avec Gael Garcia Bernal, Rodrigo de la Serna, Mia Maestro
Sélection officielle Cannes 2004
En 1952, deux jeunes argentins, Alberto Granado et Ernesto Guevara, décident de partir à la découverte de leur continent : l’Amérique latine. Ils commencent leur expédition sur une vieille moto Norton 500 de 1939, baptisée la Poderosa (la Puissante… Ce qui débute comme une aventure prend progressivement une tournure différente. La confrontation avec la réalité sociale et politique des différents pays qu’ils découvrent altère la perception que les deux amis ont du monde. Cette expérience vécue à un moment décisif de leur vie éveillera de nouvelles vocations associées à un désir de justice sociale. *** Voué à dépeindre Guevara " avant qu’il ne devienne le Che ", le réalisateur brésilien, Walter salles, s’est inspiré des nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés, en particulier de la biographie de Paco Ignacio Taïbo II. Il a surtout adapté les carnets de voyage du Che, Diaros de motocicleta, livre-culte pour de nombreux latino-américains, pour reconstituer une double exploration : découverte du continent, prise de conscience politique. (…) Walter Salles n’assène aucun discours. Il montre des épisodes, des étapes, les aléas du voyage, les ennuis mécaniques, la difficulté à trouver un abri, à nouer des liens. Le tempérament de feu des Latinos jaloux qui surveillent leurs femmes. Des gestes et un regard. Le sujet du film, c’est le regard de Guevara. L’action se reflète dans les beaux yeux de Gael Garcia Bernal, dont nous avons apprécié l’art d’endosser un double destin dans " La mauvaise éducation " de Pedro Almodovar. (…) L’authenticité du film vient de ce refus délibéré des personnages de se prendre au sérieux, de leur sens de l’humour et de l’autodérision. Mais aussi de l’osmose qui s’opère entre la fiction et le message. " Carnets de voyage " arbore un aspect documentaire qui ne métamorphose pas seulement les deux compères lâchés par leur bécane. L’empathie du cinéaste pour les populations rencontrées est communicative. Sa façon de refléter les visages, des tempéraments, est particulièrement palpable dans les nombreuses scènes de bals populaires qui rythment l’odyssée. (…)Walter Salles développe un projet qui transcende l’adaptation du livre de Guevara, et justifie doublement sa sélection au Festival de Cannes. Il s’agit de jeter les bases d’un cinéma sud-américain dépassant les frontières de chacune des nations visitées : une certaine façon de repenser le monde à travers une fraternité culturelle. Jean Luc Douin Le Monde
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