Une adolescente

de Eiji Okuda

avec Eiji Okuda et Mayu Ozama

 

Sélection officielle Venise 2001

 

Japon - Distribution : Pan Européenne -

 Sortie le 5 mars 2003 – 2h12

 

 
    Tomokawa, un policier oisif apprécié pour son efficacité à retrouver les chiens volés, voit sa vie basculer le jour où il rencontre Yoko, une adolescente de quinze ans. Attirée par le tatouage que Tomokawa porte dans le dos – un oiseau qui est l’œuvre de son grand-père – la jeune fille le séduit. Yoko, délaissée par sa mère, seule avec son grand-père malade et son frère irresponsable, se jette à corps perdu dans cette relation hors du commun, seul échappatoire à une vie familiale compliquée, bouleversant ainsi la vie de ce fonctionnaire établi et du même coup celle de tous les proches.

Eiji Okuda est un artiste aux multiples facettes : acteur, peintre, metteur en scène. Trois qualités que l’on trouve à l’œuvre dans ce long métrage audacieux et surprenant. Une adolescente n’est pas uniquement le portrait d’une jeune fille amoureuse mais c’est aussi la peinture d’un couple hors de la norme. Une peinture où romantisme et érotisme se conjuguent et où burlesque et chronique sociale se confondent. On est fasciné par l’habileté de Eiji Okuda à faire coexister plusieurs tons et plusieurs registres dans un Japon détonant. Le tatouage (qui n’est pas sans faire penser à La femme tatouée) marque les personnages, symbolise leurs faces cachées, matérialise la sensualité partagée, concrétise l’intensité des liens. Loin des clichés sur son pays (le Japon comme pays d’une certaine rigueur), loin des clichés sur les lolitas, Eiji Okuda fait œuvre de talent. (circulaire 61/2002)