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Carla,
jeune cubaine employée dans un bureau de poste, s'ennuie. Pourtant, un
petit incident la conduit à réécrire les lettres de ses concitoyens qui
passent quotidiennement entre ses mains : un moyen comme un autre d'aider
ses semblables et de trouver le bonheur. Lorsque, heureuse gagnante de la
loterie annuelle des visas américains, et que de nouveaux horizons
s'ouvrent à elle (fuir la routine, partir, immigrer aux Etats-Unis...),
Carla découvre que le choix est difficile..
A lire le résumé, on
pourrait croire que Nada + est un film de dénonciation du régime
castriste. Ce serait faire fausse route car on oublierait au passage l’essentiel.
C’est-à-dire le talent de Juan Carlos Cremata Malberti. Son sens de la
dérision, son humour, sa capacité à croquer les personnages en un tour
de plan, son sens du rythme, sa mise en scène qui privilégie les
personnages (une galerie d’huluberlus sortis d’un univers de B.D) et
le comique de situation. Tout ce talent permet d’aborder la réalité
cubaine sans la lourdeur de la dénonciation pure et dure. Carla,
personnage principal, apparaît alors comme la métaphore du metteur en
scène lui-même. Partir ou réécrire des lettres et faire le bonheur de
quelques uns comme partir ou continuer des films, voilà des
interrogations communes à Carla et au cinéaste. Optant pour un parti
pris formel fort (le noir et blanc colorisé sur des objets symboliques du
récit), Juan Carlos Cremata Malberti a choisi aussi la plus précieuse
des armes : la fantaisie.
Juan
Carlos Cremata Malberti
Né
en 1961, Juan Carlos Cremata Malberti, commence sa carrière comme auteur
et acteur de programmes pour enfants réalisés pour l’Institut Cubain
de Radio et Télévision de 1981 à 1987.
Diplômé
en Art Dramatique en 1986, il devient assistant réalisateur sur le film
équatorien La Tigra en 1989. En 1994-95, il enseigne le montage et la réalisation
à Buenos Aires. Il obtient la bourse John Simon Guggenheim en 1996 grâce
à son court-métrage Oscros rinocerontes enjaulados et signe avec Nada +
son premier long métrage.
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