LES LUNDIS AU SOLEIL

de Fernando León de Aranoa

avec

Javier Bardem , José Ángel, Egido Enrique Villén, Aída Folch

Distribution : Colifilms - Espagne - 2002 – 1h53 – sortie le 12 mars

 

   
"CONCHA DE ORO" / GRAND PRIX DU FESTIVAL DE SAN SEBASTIAN

SUNDANCE FILM FESTIVAL 2003

SELECTIONNE POUR REPRESENTER L'ESPAGNE AUX OSCARS

8 NOMINATIONS AUX GOYA 2003

 

Chaque lundi, Santa et ses amis prennent le bac qui les mène à la ville. Chaque semaine, il leur faut se préparer à chercher ce travail qui leur échappe depuis que le chantier naval a fermé il y a cinq ans. Mentir sur son âge, dissimuler ses angoisses pendant les entretiens d’embauche, taire ses révoltes, subir les humiliations des banquiers est le lot de ces cinq amis. Chacun à sa manière résiste, trouve des dérivatifs, s’accroche à des espoirs vains ou pas. Il faut sauver les apparences coûte que coûte. Heureusement il y a Santa, toujours prêt à revendiquer, exiger ses droits et défendre cette fierté qui est la sienne et celle de ses amis. Pour ce séducteur impénitent, plus fragile qu’on ne le croit, les combats ne cessent jamais et la dignité est la seule chose qu’il ne cédera jamais aux patrons ou à cette justice qui le poursuit pour un lampadaire détruit lors des grèves. Avec lui, la vie semble encore être une promesse de lendemains meilleurs. Une existence où une main tendue, le sourire retrouvé d’une épouse ou un match de football regardé à la dérobée signifient que l’on est toujours vivant.

 

Les lundis au soleil de Fernando Leon de Aranoa, un espoir du cinéma de 34 ans, est le meilleur film espagnol depuis Parle avec elle de Pedro Almodovar. Cette comédie de Fernando Leon a retrouvé les qualités d’un cinéma authentiquement populaires, où les problèmes de tous les jours sont évoqués avec élégance et émotion. Dans une ville du Nord, vivent trois anciens ouvrier, chômeurs depuis la crise des chantiers navals. Trois hommes parmi des milliers d’autres qui cherchent du travail. Il y a celui qui se croit trop vieux pour décrocher un nouveau job., celui qui a du mal à vivre aux côtés d’une épouse devenue " la personne active du couple ". Et la grande gueule qui doit répondre devant la justice de la destruction d’un lampadaire pendant les bagarres qui ont opposé les ouvriers aux policiers. Une sorte de brute à l’imagination débordante, assez tendre pour séduire dames et jeunes filles. Ces rois gars se retrouvent tous les jours au café El Naval, tenu par un autre ancien ouvrier de la construction navale. Ils y rencontrent des collègues parfois plus abîmés qu’eux, parlent de la vie, de la solidarité ouvrière devenue si rare, ils s’engueulent, se trouvent des combines. Le reste du temps, ils rêvent, traînent, vont voir des matches de foot, font des petits boulots…Quand on a raconté tout ça, on n’a rien dit des Lundis au soleil. Rien, par exemple, du tissu d’anecdotes qui rend ce film passionnant de bout en bout, rien de la sympathie qui nous accroche aux basques des personnages, de la qualité extraordinaire de la distribution dominée par un Javier Berdem inspiré et par une actrice émouvante et peu connue, Nieve de Medina. On n’a même pas évoqué la qualité des dialogues, composés de façon quasi musicale, ni l’humour de ce film, d’autant plus dévastateur qu’il met en scène des drames sociaux et personnels. C’est à Luigi Comencini et à Mario Monicelli, maîtres de la comédie italienne que ces Lundis au soleil font penser. "Libération