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LES CHANTS DU PAYS DE MA MÈRE Bhaman Ghobadi |
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Distribution : Colifilms – Iran– 2002 – 1h48 – sortie le 7 mai Sélection Un Certain Regard Cannes 2002
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Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), un groupe de musiciens kurdes iraniens se lance à la recherche de Hanareh, une chanteuse à la voix magique qui est passée de l’autre côté de la frontière, au Kurdistan irakien.
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Après avoir réalisé Un temps pour l’ivresse des chevaux, Bhaman Ghobadi explore encore sa région, le Kurdistan, en choisissant un subtil mélange de réalisme politique, de burlesque (le trio des musiciens sur la moto) et de tragique. Un film qui confirme la richesse du cinéma iranien et le talent indéniable du cinéaste.
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| "Les
Chants du pays de ma mère"
Film iranien de Bahman Ghobadi. Avec Shahab Ebrahimi, Alla-morad Rashtiani, Fa'eq Mohammad, Iran Ghobadi. (1 h 43.) Dans les années qui suivent la guerre Iran-Irak, alors que l'aviation irakienne bombarde toujours la région kurde, un chanteur kurde iranien part en compagnie de ses fils à la recherche de sa compagne. Le deuxième film de Bahman Ghobadi, après Un temps pour l'ivresse des chevaux, caméra d'or à Cannes en 2000, confirme le talent de ce jeune réalisateur. Film sec, dépourvu de lyrisme, malgré une musique lancinante, Les Chants du pays de ma mère décrit, sans jamais recourir au mélodrame, parfois avec froideur, la réalité du génocide kurde. Servi par une mise en scène ample, le récit maintient un équilibre entre la grande histoire et le parcours cocasse et humoristique d'un groupe de musiciens dont l'un devine au fil de son voyage qu'il ne retrouvera sans doute plus jamais sa compagne. Le moment où ce dernier découvre la réalité du génocide de son peuple, entre charniers et femmes torturées, est un modèle de retenue et d'ellipse cinématographique, d'utilisation de la fiction pour atteindre au plus juste la réalité d'une tragédie. Samuel Blumenfeld |
| UN
CERTAIN REGARD. Le cinéaste iranien déploie poésie et humour dans une
chronique sur des villages kurdes bombardés.
Les
Chants du pays de ma mère Sous le ciel de cette menace permanente, la vie survit. Entre autres, pour un vieux chanteur, Mirza, et ses deux fils musiciens, Audeh et Barat, présentement sur une moto side-car pour retrouver la trace de Hanareh, ancienne compagne de Mirza et chanteuse kurde célèbre. Leur enquête va traverser le pire : villages détruits, charniers immenses, camps d'orphelins, femmes défigurées par les bombardements chimiques. N'importe quel film aurait pu s'arrêter là, congelé par l'horreur. La bonne nouvelle des Chants du pays de ma mère, son énergie en flèche, c'est qu'il s'obstine, quoi qu'il lui en coûte. Pendant l'apocalypse, la vie continue avec son lot d'humour fou (les incessantes scènes de ménage entre le vieux père et ses deux grands fils), de stases poétiques (les montagnes kurdes comme dans un rêve biblique), de coups de griffe au réputé machisme iranien (toutes les femmes sont du genre à lever les yeux au ciel, le sourire aux lèvres, chaque fois que les grands couillons qui leur servent de compa gnons ouvrent la bouche) et d'énergie dansante (chanter contre les bombes). Une fatalité muée en destin. Au détour d'un chemin caillouteux, l'incroyable arrive et nous stupéfie : un instituteur en train de faire la classe en plein air. Pour enseigner à ses jeunes élèves la notion d'avion tandis que les chasseurs de l'aviation irakienne sillonnent le ciel. On dirait de l'ironie désespérée, c'est de l'humour libre. Et la leçon de se conclure par un lâché collectif de petits avions en papier. Juste une image contre la guerre. Cela suffit. |