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" Respiro conjugue avec harmonie chronique réaliste et légende sicilienne. Valeria Golino, dans son plus beau rôle, y incarne une mère excessive comme une enfant, suspectée de folie par son mari et les pêcheurs de l’île de Lampedusa. Crialese réinvente avec ce film toutes les qualités du cinéma italien populaire, celui qui fait immerger une vedette au milieu de comédiens non professionnels et sublimer la beauté sauvage de la Sicile sans ombrer dans la carte postale. Le cinéaste fait preuve d’un talent précieux de directeur d’acteurs, dépeint les émotions violentes, avec une pudeur et une sensibilité en tous points remarquables. Il souffle dans Respiro (…) une brise de poésie et d’intelligence plus enivrante que certaines tempêtes modernes. " Les Inrockuptibles, mai 2002 |
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Remarqué avec l'attachant Once we were Strangers, Emanuele Crialese manifeste avec son second film, Respiro, sa volonté de donner une autre ampleur à son cinéma. De la chronique intimiste et sociale, Crialese passe au conte cruel, où se mêlent réalisme et onirisme. Lampedusa, petite île au large de la Sicile. Un groupe de jeunes garçons en maillot se livre aux jeux cruels de la chasse aux oiseaux avant de s'en prendre à trois autres enfants, blessant l'un à coups de lance-pierres. Très vite, le récit s'attache à un spécimen de cette petite horde. Bien que son entourage la pousse à se faire soigner à Milan, malgré l'amour indiscutable de son mari, Grazia refuse l'ordre qui règne au village et s'enfuit. La folie de la jeune femme doit être comprise comme le symptôme d'une quête d'autonomie face à un ordre patriarcal, formé de rites et de traditions lourdes. Si le cinéaste sait intensifier le réalisme par un naturalisme non exempt d'âpreté, il met en place une ambiance légèrement fantastique, une dérive rêvée qui s'affirme dans les plans sous-marins d'une fluidité magique. Révélation riche de promesses, Respiro souffre pourtant d'une timidité qui semble avoir empêché le cinéaste de choisir, entre ses options, un style véritable pour les effleurer tous. Jean-François Rauger |