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LES FEMMES |
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| D’ABORD… | |
Quand on est marié, père de 3 enfants et qu’on a encore envie de rire et de séduire, comment concilier l’amour, les femmes, et les enfants…
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Manuel Poirier France - 2002 – 2h Avec Sergi Lopez, Maryline Canto, Sylvie Testud, Sacha Bourdo /Distribution : ARP SELECTION - Sortie le 20 mars 2002 |
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" Avec ce nouvel opus, Manuel Poirier renoue avec le meilleur de son cinéma, c’est-à-dire une réflexion moderne et contemporaine sur la famille. Qu’est-ce que c’est qu’une famille, qui se compose et se recompose ? Qu’est – ce que c’est qu’accueillir ?, voilà bien les interrogations d’un cinéaste qui plus que jamais est intéressé par la notion d’hospitalité. Une notion cinématographique car elle questionne la notion de place : une place dans la famille, une place dans le couple, une place dans le plan. Autour du couple interprété par Maryline Canto (encore une fois excellente ) et Sergi Lopez (portrait d’un homme ordinaire), gravitent d’autres couples, variations familiales : l’un étant obsédé par l’éducation des enfants et l’autre faisant peu de cas de l’épouse (qui quittera le domicile conjugal) avec pour orbite commun : la question du bonheur. Soit une belle articulation de l’individuel (une famille) et du collectif (des familles entre elles) dans les lotissements résidentiels d’une France regardée avec tendresse et engagement. Engagement parce que chez Manuel Poirier, l’homme est bon (même le chasseur n’est pas si méchant que ça) parce que le cinémascope est la plus belle échelle pour donner à ces vies ordinaires la dimension d’un manifeste à l’amour de la vie. Les femmes … ou les enfants d’abord… est un film important dans la filmographie de Manuel Poirier puisque le cinéaste y fait une apparition conclusive à la fin de film où il déclare que finalement, chacun se débrouille pour tricoter son étole du bonheur." (circulaire AFCAE 12.2002) |
| "Les
Femmes ou... les enfants d'abord..." : Manuel Poirier rejoue un
western pour adultes
• LE MONDE |
19.03.02 | 11h53
Ce nouveau film du réalisateur de "Western" se veut avant tout une évocation douce-amère du deuil de la jeunesse. Film français de Manuel Poirier. Avec Sergi Lopez, Maryline Canto, Sylvie Testud, Sacha Bourdo, Jean-Jacques Vanier, Elisabeth Commelin, Serge Riaboukine. (2 h 00.) Où l'on retrouve - après l'intrigant intermezzo péruvien de Te Quiero (2000) - le couple don quichottesque constitué du prosaïque Ibérique (Sergi Lopez) et du traîne-savates slave (Sacha Bourdo), lequel, lâché dans les plaines de la Bretagne éternelle en quête de l'âme sœur, avait contribué au succès du Western (1997) de Manuel Poirier. Partant, rien n'empêche d'envisager l'hypothèse selon laquelle Les Femmes ou... les enfants d'abord..., qui se déroule toujours en Bretagne, reprend nos deux héros là où on les avait abandonnés, ou, pour être plus précis, quelques années plus tard. Lopez - qui s'appelle ici Tom - a apparemment laissé tomber la représentation en chaussures pour devenir animateur dans une maison de la culture, mais il a en revanche trouvé chaussure à son pied, en devenant mari d'une Sylvie (Maryline Canto) et père de trois enfants. Bourdo, quant à lui, est devenu éducateur dans un foyer mais est resté résolument célibataire. Visiblement, ils se sont perdus de vue, pis, ils ne se connaissent plus, ce qui n'est pas sans incidence sur l'efficacité comique du sixième long métrage de Manuel Poirier. Car tandis que Western organisait, sous la forme d'un road movie utopique, la dérive de deux adolescents attardés un peu perdus dans leur vie, Les Femmes... ou les enfants d'abord..., fermement implanté dans le pavillon familial de Tom, se veut avant tout une évocation douce-amère du deuil de la jeunesse. Sergi Lopez en est à ce titre le seul héros, qui voit soudain débouler dans sa vie de père de famille pas si tranquille que ça un ancien amour, Virginie (Sylvie Testud). Apparition qui aura pour lui des conséquences rigoureusement inverses à celles qu'il espérait. La douce ironie de ce film tient tout entière dans ce désappointement, en vertu duquel Tom, au moment précis où il se prend à rêver d'une possible aventure extra-conjugale avec Virginie, apprend qu'il est le père d'un quatrième enfant, une fillette de huit ans nommée Nina, que sa mère se voit dans l'obligation de lui confier. Figure du passé surgie de nulle part, Virginie réapparaît donc dans la vie de Tom pour lui signifier que ce passé amoureux, loin de ressusciter, est bel et bien mort. Cette petite goutte d'amertume ordinaire - contrairement à l'optimisme un peu forcé qui dépeint l'intégration de la fillette dans sa nouvelle famille - nourrit ce qu'il y a de meilleur dans le film, sous le registre de l'abrutissante trivialité de la vie familiale. Ainsi de la scène désopilante où Tom, son voisin gendarme quitté par sa femme, et le célibataire endurci Bourdo se retrouvent le temps d'une virée fortement alcoolisée, dans une voiture arraisonnée par les collègues du cocu... Mais Manuel Poirier n'a distillé ces moments qu'avec parcimonie, préférant, à l'image de son héros, s'accommoder gentiment du temps qui passe, dans un film qui fera passer agréablement, mais sans conséquence notable, celui du spectateur. Jacques Mandelbaum |