2002, France, 1h46

Distribution : Gemaci 

Sortie : 4 avril 2002

Avec Cylia Malki, Baya Belal, Jean Roger Milo

Elle a dix-neuf ans et elle s’appelle Rallia. Elle descend de ce car rouge et jaune, tout déglingué, qui vient de la déposer au milieu du désert de montagne. Elle marche avec aisance sur la piste poussiéreuse et son visage fin et lisse ne connaît pas encore l’étuve vers laquelle elle va. Elle a un long cou, des yeux noirs et le cheveu court, très court, ce qui n’est pas d’usage dans le coin. Non seulement la femme ne se coupe pas le cheveu, mais elle le cache. Mais cette fille vient d’ailleurs…plus loin encore que la grande ville, de l’étranger. Elle vient du pays où " les enfants mangent trois fois par jour, c’est vrai ? ! ! " s’étonnera une jeune femme courbée de la montagne. D’ailleurs, elle ne vient pas dans cette montagne, elle y revient. C’est la raison de ce retour, elle veut savoir, elle veut retrouver sa famille, sa mère et son père.

" On connaît le talent de Mehdi Charef pour dresser des portraits de femmes inattendues en usant toujours de la plus grande des tendresses. Là encore, Mehdi Charef nous surprend et nous séduit en mettant en scène un duo de femmes hors du commun. A travers un récit en forme de road movie, les deux femmes, Rallia et Nedjma (prénom qui n’est pas sans faire penser au roman de Kateb Yacine) rejoignant El Kantara croisent sur leur chemin différents personnages et sont confrontées à de multiples situations. Rallia venue la tête plein de rêves découvre un pays où la femme est niée, où la violence surgit sans crier gare, où la beauté époustouflante des paysages ne compense pas la dureté de la vie. Ce cheminement sera celui de sa réconciliation : avec elle-même et avec ses origines. Enfant adoptée par une famille suisse, Rallia a besoin de connaître la vérité, la vérité sur son histoire, la vérité sur son pays de naissance. On ne dévoilera pas ici le surprenant secret de ses origines. On dira simplement qu’il est très émouvant de comprendre à travers ce personnage de jeune femme volontaire et déterminée, tout ce que l’homme Medhi Charef dit de lui et sa propre histoire : un pays d’origine est un autre pays, une terre à contempler pour mieux sans détacher (avec lucidité) et pour mieux choisir sa route. " (circulaire 15/2002)

Mehdi Charef


L'œuvre de Mehdi Charef est celle d'un précurseur. Lorsqu'il publie Le thé au harem d'Archi Ahmed au Mercure de France en 1983, il est l'un des premiers à dévoiler l'univers des cités : un monde à part insoupçonné ou négligé... Une écriture sur le fil, un langage cru, sinon cruel, dénoncent avant qu'elles ne deviennent actualités : violence et incompréhension, différence et exclusion.
   Costa Gavras devine les dons perceptibles dans ce premier roman. Ayant racheté les droits, il propose à Mehdi Charef “d'entrer en cinéma”.
   Le succès du Thé au Harem d’Archimède (César de la 1ère oeuvre en 1985, Prix Jean Vigo, Prix SOS Racisme, Prix du Grand Festival de Madrid, Prix spécial du Jury...) et la carrière de romancier et cinéaste de Mehdi Charef paraissent un parcours idyllique : Miss Mona avec Jean Carmet en 1986 - Camomille avec Philippine Leroy Beaulieu en 1988 - Le Harki de Meriem roman paru au Mercure de France en 1989 - Au Pays des Juliets sélection officielle à Cannes en 1992 - Pigeon Vole avec Philippe Léotard pour ARTE en 1995 - La Maison d'Alexina roman paru au Mercure de France et tourné pour ARTE en 1999 - Marie-Line avec Muriel Robin en 2000 (grand prix du jury de la ville de Sarlat, prix du meilleur film d'Albi…)
   

Œuvres éditées :
Le Thé au Harem d’Archi Ahmed, Folio Gallimard
La Maison d’Alexina, Folio Gallimard
Le Harki de Meriem, Folio Gallimard

Afin de mieux soutenir les films et de favoriser la fréquentation des salles adhérentes à l’AFCAE par le biais de rencontres avec le public, le groupe Action Promotion apporte son soutien sur ce film en finançant le déplacement du réalisateur Medhi Charef et des actrices Cylia Malki et Baya Belal dans les petites et moyennes villes.

Pour bénéficier de cette action, il faut que la salle soit adhérente (et à jour de ses cotisations), que soit mise en place une tournée du réalisateur dans un minimum de trois salles et qu’une demande soit formulée auprès de l’équipe de l’AFCAE.

Contact : Malika Ait Gherbi, coordinatrice nationale