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Fatma Khaled Ghorbal
2h04
/ 35 mm / 1.66 / couleur / Dolby SR, en arabe sous-t MK2
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Fatma
a 17 ans. Sa mère est morte. Dans la maison, il y a son père,
ses frères et ses sœurs. Et un cousin, Taher, hébergé
pour quelque temps. Une nuit, son cousin la viole. La vie
continue... mais Fatma ne rêve bientôt que d'une chose :
aller étudier loin, à Tunis. Tunis. Fatma fait la
connaissance de Mourad. Elle finit par être séduite et,
un soir, elle fait l'amour avec lui. Fatma est reçue à
ses examens. Elle décide pourtant, à nouveau, de partir.
Elle quitte Mourad et arrête ses études. Zannouch. Fatma
se fait conduire par son père dans ce village perdu, pour
y être institutrice. ***. " Venu à la mise en scène sur le tard, après combien de persévérance, Khaled Khorbal (ancien directeur de salle Art et Essai) nous livre là un portrait tout en retenue d’une femme victime malgré elle et définitivement. Dans une Tunisie qui oscille entre tradition et modernité, dans une Tunisie des villes et des campagnes, Fatma tente de construire son bonheur sur les séquelles d’une expérience douloureuse (le viol), une expérience qui à jamais la met du coté des intouchables. Loin de donner une image univoque de la Tunisie, Khaled Khorbal dénonce cette classe moyenne adoptant tous les signes de la réussite sociale à l’occidentale mais refusant d’évoluer sur la place de la femme et de son corps. Cette dénonciation passe par une esthétique de la retenue et de la mesure où violence du rejet (que Fatma subit) est d’autant plus effroyable : la caméra à la fin du film suit Fatma dans les rues de la ville. Elle est seule.(circulaire AFCAE)
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Fatma (Awatef Jendoubi, très convaincante pour son premier rôle au
cinéma) sait que la perte de sa virginité fait d'elle une
"intouchable", elle opte donc pour le silence. Dès lors son
histoire sera avant tout celle d'une prise de parole et de la réappropriation
d'un corps. Un long et douloureux cheminement que le cinéaste sait filmer
tout en retenue. Et à travers le parcours de Fatma se dessine
progressivement le portrait en creux d'une Tunisie tiraillée entre
modernité et réflexes archaïques. Oscillant entre ces deux pôles, le
film ne cesse de se mouvoir d'un camp à l'autre, sans jamais s'attarder (à
l'image de Samira, l'amie de Fatma, qui après avoir mené une vie
insouciante à Tunis se voit, de retour dans sa famille, écrasée par les
bouffées intégristes d'un frère). De ce mouvement naît un très beau
film sur la contradiction, celle qui règne dans un pays où la classe
moyenne adopte tous les signes extérieurs de la modernité et de la réussite
à l'occidentale mais qui refuse d'évoluer réellement en ce qui concerne
la place de la femme dans la société. Un comportement à la limite de la
schizophrénie qui conduit à une pratique d'une éclatante hypocrisie :
"les trois points de suture" (avant leur mariage plutôt que
d'avouer qu'elles ne sont plus vierges, les femmes préfèrent se faire
recoudre l'hymen). Le constat n'est pas spécialement optimiste
-possibilité de libération il y a, même si elle conduit forcément à
la solitude- mais Fatma, avec sobriété et intelligence, a
le mérite de mettre les choses à plat.
Lors du Festival de Cannes 2001,
"Fatma" a reçu le Prix Art et Essai de la CICAE (Confédération
internationale des Cinémas d'Art et d'Essai). |
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Le destin d'une
jeune femme violée.
Ce film tunisien, mine de rien, avec ses plans simples et ses personnages forts, touche parfois à la densité romanesque des grandes sagas américaines : quelque chose du Parrain y croise subrepticement des sentiments arrachés aux êtres ballottés au fil d'Il était une fois en Amérique. Pourtant, nous sommes à Sfax, petite ville tunisienne : une jeune lycéenne, Fatma, est violée par son cousin, la nuit, dans la maison familiale. Elle n'en dira rien, cloîtrant dans son mutisme et ses regards noirs la meurtrissure intime. Awatef Jendoubi, la comédienne, excelle à cette retenue sourde, singulière beauté. Le film raconte la vie quotidienne de cette jeune fille, ses travaux et ses jours, son père et ses frères. Fatma ne dit rien mais décide de fuir au plus vite cette famille qui ne la comprend pas. Vers Tunis, l'université et quelques rencontres de passage. Peureuse, elle s'y refuse longtemps ; abîmée, elle désire se réparer dans les bras d'un homme qu'elle ne trouve pas. Bientôt institutrice, en poste dans un petit village, c'est le médecin du coin qui la recueille, fruit mûr comme une offrande. Avant de l'épouser, cependant, elle tient à refermer son corps sur ce secret qui la mine et l'anime tout à la fois. Un chirurgien recoud son hymen, «trois points de suture»... Vierge à nouveau, elle peut continuer à ne rien dire, comme le mensonge nécessaire à sa vie sociale, à sa vie de femme. Elle est une belle femme, désormais, accompagnant l'ascension de son mari, de médecin de province devenu médecin capital. Les belles robes, échancrées, rouge vif, succèdent aux voiles de la jeune fille, aux jeans de l'étudiante, mais le secret est toujours le même, là, assourdissant de silence. Elle se décide enfin à l'arracher, comme un défi, et parle à son mari pour se libérer, quitte à en payer le prix. Car il est lourd : la virginité est un trésor comme le pire des fardeaux. Répudiée, bannie, elle erre dans la ville quand le film se clôt. Film à thèse, film à thème, Fatma n'évite pas toujours les pièges de la démonstration. Mais, film d'un destin, Fatma ressemble à son héroïne : une vaillance à toute épreuve qui emporte l'histoire sur son passage. |
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Contact : Malika Ait Gherbi, coordinatrice nationale |