|
Un artiste peint le
portrait de sa mère. Un metteur en scène réalise le film de sa
vie. Un adolescent passe la douane. Une jeune femme veut comprendre
comment son père a disparu. Une conférencière se sert de l’Histoire
pour oublier la sienne. Un acteur interprète un
" méchant " sans en mesurer les conséquences.
Une seule histoire les réunit : celle de l’Arménie.
Ararat
n’est pas un film sur le génocide arménien, mais un film sur la
mémoire du génocide, la manière dont cet événement est
conservé, figuré, distordu, exploité, ressenti par ceux qui
cultivent un lien avec le massacre perpétré par les Turcs en
1915-1916. Atom Egoyan a d’ailleurs précisé lors de la
conférence de presse à Cannes que son film était une modeste
contribution pour la reconnaissance par un large public de l’histoire
du génocide des Arméniens. Loin de développer un discours de la
haine, Atom Egoyan a choisi d’exposer à travers plusieurs
personnages plusieurs façons de vivre la mémoire en laissant au
spectateur le soin d’adhérer à tel ou tel point de vue. Un
film nécessaire. (circulaire
30/2002) |