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The navigators Ken Loach |
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Réalisation :
Ken Loach Grande Bretagne-Allemagne-Espagne/ 2001/ couleur/ 35mm/ 1h32
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Paul, Mick, Len et Gerry travaillent au dépôt de chemins de fer de Sheffield, dans le Yorkshire. Ils s'occupent de l'entretien et de la signalisation des voies. Malgré les difficultés quotidiennes, l'ambiance est bonne et tout le monde travaille main dans la main. C'est Len, le plus âgé du groupe, qui dirige les opérations. Il a passé toute sa vie à travailler six jours par semaine sur les voies ferrées. Gerry, délégué syndical, s'active à améliorer le quotidien des employés mais la direction n'est pas particulièrement coopérante. C'est en arrivant un matin au dépôt que tous apprennent la privatisation des chemins de fer. Le travail est désormais partagé entre sociétés privées concurrentes. Lors d'un séminaire, un film d'entreprise annonce triomphalement aux ouvriers que la privatisation, source de nouvelles richesses, offrira à chacun la garantie de son emploi au sein du nouveau système. Paul, Mick, Len et Gerry sont plutôt sceptiques et pensent aux répercussions immédiates sur leur travail de tous les jours. Très vite, ils deviennent aux yeux de la nouvelle direction des "semeurs de troubles".
"Suivre les personnages sur leur lieu de travail, c'est un moyen trop souvent sous-exploité de montrer comment ils fonctionnent ensemble et comment ils réagissent aux conflits." (…) "Les ouvriers sont obligés d'entrer en compétition les uns avec les autres. Ça détruit toute solidarité. C'est ce qui se passe dans presque toutes les industries en Europe." Ces quelques propos de Ken Loach résume bien la tonalité et l’enjeu du nouvel opus d’un des plus grands cinéastes anglais. A partir d’un exemple typiquement britannique, la privatisation des chemins de fer anglais, (qui risque de devenir européen) Ken Loach continue de tracer son sillon : une attention fine et précise de la vie des petites gens dans une apparente simplicité de narration où le rire côtoie la cruauté des situations (licenciement, rapports de force, renoncement, quotidien du monde du travail…). Certains peut-être penseront que c’est un film de Ken Loach de plus. Mais ce serait oublier qu’il y a peu de cinéastes au monde dont l’œuvre entière constitue un véritable témoignage sociologique, économique et politique de son pays. *** Ken Loach est le grand cinéaste des problèmes sociaux de l'Angleterre, il aborde l'actualité avec une sagacité et une pertinence qui font de lui un grand témoin de la crise économique anglaise et des conséquences de la politique érigée par la Dame de fer, témoin qui restera parmi les plus lucides et les plus engagés dans un combat en faveur de la classe ouvrière de son temps. ***
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À la Mostra de Venise, Ken Loach, le militant, s'en prend au gouvernement Blair Le lundi 03 septembre 2001 AFP Le cinéaste britannique Ken Loach, qui présente «The Navigators», en compétition pour le Lion d'or à la Mostra de Venise, un film consacré aux travailleurs du rail victimes de la privatisation, s'en est pris lundi au gouvernement de Tony Blair «qui soutient les grandes corporations». «C'est
un moment critique pour la classe ouvrière», a déclaré,
très applaudi, le réalisateur engagé de «Bread and
roses», «My name is Joe» ou «Raining stones». Les
syndicats sont «dans la poche du gouvernement. Ils ont
cessé d'être la force qu'ils étaient autrefois. Leurs
dirigeants ont abandonné le champ de bataille».
58E MOSTRA DE VENISE
Par DIDIER PÉRON Le mardi 4 septembre 2001 Libération Social
britannique. Le
nouveau film de Ken Loach, The Navigators, est tout
à fait raccord avec cette volonté d'y voir plus clair
dans les enchaînements des causes et des effets de plus
en plus inéluctables entre, d'un côté, la mise en place
d'un ordre libéral et, de l'autre, des hommes et des
femmes instrumentalisés et privés de toute possibilité
de revendication. L'histoire se situe dans le milieu
ferroviaire britannique au moment de la privatisation du
réseau national. Suppression des acquis sociaux,
flexibilité ubuesque des horaires, manquements graves aux
consignes de sécurité par pur souci de rentabilité,
intériorisation progressive par les individus des lois du
marché comme autant de petits Traités de la servitude
volontaire, le film, tragi-comique, resserré, est
proche du Loach de Riff-Raff (1991). Abandonnant sa
tendance souvent roublarde à appuyer à fond sur le
champignon du mélo, le cinéaste refuse d'exhausser le
naturalisme social au rang de grand spectacle sacrificiel.
Du coup, le film est moins immédiatement payant mais le
spectateur ne se retrouve pas dans la position paradoxale
d'être manipulé au nom d'une dénonciation de tout ce
qui socialement déjà nous manipule. Le scénario a été
écrit par Rob Dawber, employé pendant dix-huit ans à la
British Rail à Sheffield (Yorkshire). Il est mort en
février dernier des suites des cancers provoqués par
l'exposition à de l'amiante pendant ces années de
travail au chemin de fer. Il a porté l'affaire devant les
tribunaux qui ont reconnu la responsabilité de ses
patrons dans la maladie. Le fatalisme mélancolique du
film porte évidemment la trace de ce deuil.Filmographie :
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