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Paria
Nicolas
Klotz
avec Cyril
Troley, Gérald Thomassin, Didier Berestetsky, Morgane Hainaux
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Couleurs
Format 1,66
Dolby SRD
2 h 05 -
Sortie
le 7 novembre
Magouric
Distribution -
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Paria, c’est
le récit du parcours initiatique de Victor, 18 ans, dans l’effervescence
des préparatifs du passage à l’an 2000. Coursier
dans un vidéoclub, il vient juste de tomber amoureux d’Anabelle
quand il se fait voler sa bécane et vider de sa chambre pour
trois loyers de retard. Momo,
SDF de 25 ans vivant de combines, décroche un plan de mariage
blanc. Victor erre
dans Paris et rencontre Momo qui l’entraîne dans les spirales
d’une certaine réalité sociale : l’Exclusion.
Pour tous
les deux une nouvelle année va commencer.
| Réalisateur |
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Depuis
le début de sa carrière en 1987, Nicolas Klotz a
réalisé plusieurs documentaires musicaux dont Chants de
sable et d’étoiles (1996). Ses travaux ont notamment
porté sur les musiciens Brad Mehldau, James Carter,
Robert Wyatt et Ravi Shankar. Avant Paria, il a également
signé deux longs métrages La Nuit Bengali (1988) et La
Nuit Sacrée (1993).
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NOTE
D'INTENTION
Pour
moi qui vis dans une " démocratie " qui génère
des règles de moins en moins " démocratiques
", l'exclusion est une des réalités sociales les
plus inquiétantes. Elle est d'autant plus inquiétante
que depuis une vingtaine d'années, elle s'est infiltrée
très profondément et très légalement, à la fois
dans le fonctionnement de la société et ce qui est
pire encore, dans celui de nos esprits. Comme si
l'exclusion (sous toutes ses formes) était une
catastrophe naturelle à laquelle il faudrait
s'habituer, une catastrophe qui ne concernerait que
" l'autre ", celui qui ne compte pas ou qui ne
compte plus, puisque par définition, il est exclu. En
d'autres termes, l'exclusion est le premier pas vers une
exécution sociale, accomplie très légalement et très
ouvertement, par notre société néo-libérale pour qui
l'être humain est avant tout de la nourriture offerte
aux nouveaux dieux (sont-ils si nouveaux ?) de la
consommation.
Les réalités de l'exclusion sont des réalités extrêmement
tenaces, extrêmement visibles. Des sommes considérables
sont investies chaque jour pour tenter d'en détruire
les traces. Pas pour détruire l'exclusion elle-même,
seulement ses images. Comme si les victimes humaines de
l'exclusion, une fois exclues par nous, ne devaient même
plus prétendre avoir le droit à la parole.
Comme si les histoires de Blaise, de Victor, de Momo et
des autres, ne pouvaient être que misérables, jamais
romanesques (ont-ils même droit à une histoire ?). Et
pourquoi pas, universelles ? Comme si elles ne pouvaient
nous concerner qu'à travers le "document " ou
les statistiques, quelques lettres, S, D, F, et des
chiffres. Les héros de PARIA - car ils sont bien des Héros
au sens antique du mot, des héros homériques propulsés
dans les épreuves éprouvantes de l'exclusion vivent et
respirent la vie à pleins poumons malgré le peu de
place que la société leur accorde. Tout le travail de
la mise en scène a été de trouver la place que le cinéma
pouvait occuper dans cet espace souvent étouffant, sans
le déformer, afin d'entraîner les spectateurs dans
leurs aventures, jusque dans le coeur de notre propre
humanité ;
Là ou nos vies se jouent autant que les leurs.
Nicolas Klotz
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Les
Cahiers du Cinéma - Stéphane Bouquet
Dix minutes au moins avant
la fin de Paria (présenté à l'Acid) débute une
mélodie pianistique et jazzy, qui s'achèvera avec le film. On
la dirait improvisée par un musicien qui découvrirait, en
même temps que nous, les scènes. Ce n'est pas la première
fois qu'une musique pour piano, ou pour autre chose, vient
recouvrir les images selon une durée jamais déterminée à
l'avance, mais souvent relativement longue. Il y a même une
chanson d'Eddy Mitchell intégrale et bizarrement fredonnée par
des personnages qui ne devraient pas, qui travaillent, dont ce
n'est pas le rôle, à ce moment-là du film, de reprendre en chœur
cet air populaire, bien qu'eux aussi soient du peuple. De ces
plages musicales envahissantes, le premier film de Nicolas Klotz
tire une force d'errance, de délitement et de hasard peu
commune. Cela tombe bien puisque Paria est justement
l'histoire d'une chute et d'un hasard - comment un jeune homme
pas bien riche et en galère est pris par accident pour un clodo
et comment il découvre les misères de ce monde-là et le
dépôt de Nanterre.
L'indécision, quant au
statut de la musique, atteint le film tout entier : quelle part
en est documentaire, et quelle part fictionnelle ? les
personnages sont-ils des acteurs ou de vrais clochards ? les scènes
sont-elles écrites ou élaborées sur le motif ? Le doute est
d'autant plus fort que le film fut tourné en DV, technique désormais
reine du documentaire. Il est certain que ces hésitations du
spectateur, cette difficulté à définir ce qu'on voit,
renvoient à une sorte de "philosophie de l'existence"
: la vie est faite de manquements, de chemins croisés mais trop
tôt trop tard, de rendez-vous qu'on rate, de téléphones qu'on
ne décroche pas, d'éjaculations précoces, de pères qui se
sont barrés (les deux héros n'en ont pas), de définitions (de
soi et des autres) qu'on ne sait pas donner. Une des dernières
scènes est, de ce point de vue, très réussie : Victor (mais
c'est tout le contraire du vainqueur) a rendez-vous avec une
fille dans un café, la fille est là, mais cachée, et le
regarde attendre, s'inquiéter, la chercher partout. Elle décrit
à une copine au téléphone live ce qui se passe : et
le film désigne in fine son procédé rhétorique.
Nicolas Klotz a construit Paria
sur des errances diégétiques, sur des croisements et répétitions.
Le film commence, revient en arrière puis recommence.
Resurgissent les mêmes scènes, dans un montage différent,
avant de continuer à nouveau. De la même façon, Klotz filme
parallèlement les trajets des personnages avant de les faire se
frôler ou se caramboler, c'est selon. Il y a des mondes qui, un
temps, vont à la même vitesse, roulent de concert, puis s'éloignent.
Le métro dit plusieurs fois cela : il est en même temps un
lieu de rencontre et de séparation, à cause des rames qui accélèrent.
Ces mondes sont des morceaux de réalité sociale, en général
très peu montrés par le cinéma français, ou bien très peu
montrés comme ça, des poches de vie où la loi quotidienne du
même s'efface pour laisser place aux improvisations plus ou
moins légales du système D (ce qui rejoint, on l'aura compris,
le souci de hasard que manifeste la narration) : petits boulots,
visas qui expirent, combines diverses pour se saper, mariage
blanc, gangrène et saleté. Nicolas Klotz a le mérite de le
rendre visible 
| "Paria"
: deux garçons dans la nuit |
Une balade fiévreuse à la frontière du monde des
nantis et de celui des exclus. |
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En allant
voir Paria (c'est l'une des bonnes idées de la
semaine), il ne faut pas se dire qu'on fait une B. A.
en se penchant sur le sort des plus démunis que soi. Il
faut simplement aller au cinéma. Car, malgré le
recours à l'image vidéo numérique (DV), malgré la présence
de comédiens non professionnels dont certains n'ont pas
de domicile fixe, Paria, c'est du cinéma.
Arrivant
au terme du parcours de Victor (Cyril Troley) et Momo (Gérald
Thomassin), on aura accompli un voyage initiatique précisément
balisé, fortement structuré, qui, malgré son
environnement, n'a rien d'une errance sans but. Paria
commence par la tournée nocturne d'un bus destiné
à collecter la misère urbaine et à l'emmener en
banlieue. Les ramasseurs s'acquittent de leur tâche
avec humanité en ce réveillon du 31 décembre
1999. Dans leurs filets ils ramènent deux sujets plus
jeunes, moins abîmés (en apparence) que leur pêche
habituelle.
On
revient alors trente-six heures en arrière. Victor
se lève locataire d'un appartement, titulaire d'un
emploi rémunéré. En quelques heures, par un mélange
d'indifférence et de révolte, il perd l'un et l'autre.
Au moment où ces désastres le frappent, son chemin
croise celui de Momo (Gérald Thomassin, qui fut, il y a
dix ans, Le Petit Voleur de Jacques Doillon).
Momo est un grand personnage de cinéma. Sous le regard
patient et serein de Nicolas Klotz, Thomassin en fait
d'abord une espèce de démon, convulsé par une révolte
sans objet, dont le pouvoir de destruction s'exerce à
l'encontre de ses compagnons de misère. Mais, peu à
peu, on devine dans cette agitation une stratégie de
survie, jusqu'à se laisser embarquer avec plaisir dans
ses escroqueries minables. En face, Cyril Troley, qui
joue pour la première fois au cinéma, est plus opaque,
plus lent, mais donne à Victor de l'épaisseur aussi
bien dans la défaite que dans la lente reconquête de
son existence.
Car le
flash-back a une fin, et Paria poursuit sa
trajectoire, quittant Paris pour un asile de nuit où
les SDF sont secourus malgré eux. L'expression
"toucher le fond" prend alors tout son sens.
L'humanité du personnel médical ne change pas d'un
iota l'inhumanité du geste imposé aux clochards
(l'exil forcé de l'autre côté du périphérique).
L'ILLUSION
DU DOCUMENTAIRE
Mais le
film aussi touche alors au fond, comme dans "le
fond du problème". Nicolas Klotz, en précipitant
Victor chez les exclus, met en évidence leur condition
humaine, les liens étroits de parenté qui les unissent
à une société qui se conduit généralement comme un
parent honteux de l'irruption d'un cousin qui a mal
tourné. A l'inverse, la plongée hors des limites de la
société des possédants sert aussi de révélateur à
cet adolescent. Paria est aussi un film
d'initiation, laquelle est l'un des moteurs les plus sûrs
de la fiction.
Un temps,
la captation de l'image en DV dissimule cette invention,
cette liberté de l'histoire face aux faits. La mobilité
de la petite caméra, l'absence d'éclairages travaillés
donnent un peu l'illusion du documentaire. Mais cette
illusion est contrebalancée par une écriture très
stricte des dialogues (jusqu'à leur donner parfois un
son déclamatoire, faisant perdre au film de sa
justesse) et surtout par un refus des tics qui, en
quelques années, sont nés du recours à la DV. Pas de
frénésie de mouvement, pas d'effets de couleur. Juste
une nuit interminable qui génère à l'écran une espèce
de brouillard digital au travers duquel on devine, puis
on découvre, un monde réel qui s'incruste dans notre
imagination au fil de l'histoire. Ce monde qui s'incarne
dans la silhouette de Blaise (Didier Berstesky), fantôme
de chair et de sang, épave qui pourtant n'amène le
pavillon qu'au moment où il l'a décidé.
Thomas Sotinel/Le
Monde daté du mercredi 7 novembre 2001
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***
Que dire de ce film sans
être irrévérencieux ?
Que dire pour rendre
hommage à ceux qui ont participés, acteurs, réalisateurs,
producteurs.
Sinon qu’il dépasse
certainement leurs espérances, je les soupçonne, puisque j’y
cru reconnaître une œuvre d’art.
Les images de " Paria "
me pourchassent et ont réveillé en moi un vieux souvenir,
celui de la peur qui s’était emparée de moi à la première
découverte des toiles de Picasso.
Guernica, bien entendu,
avec son propos que tout le monde a certainement en mémoire, et
les autres également. " Celles qui valent si
cher ", et communément répertoriées comme étant
" belles ".
Belles ?
Belles ces images de l’homme
déstructuré, démonté comme une machine et remonté à l’envers ?
Le temps écrit l’histoire.
Le propos social de Picasso n’est probablement pas celui de
" Paria ".
Mais, comme ici, il y a l’homme
nu, sa détresse de paradis perdu, le cri silencieux de celui
qui vit encore, bien qu’au bout du chemin, ou la limite du
gouffre, ou en plein dedans.
L’homme retourné au
stade animal ?
Faux.
Si seulement on pouvait ressembler à
un quelconque animal, de temps en temps, nous, êtres humains.
Et de temps en temps, comme eux, être
seulement, ni juste ni faux, être.
Et n’être qu’ attentif, à tout et
à tous, c’est tout.
Hors du temps et du contexte, en un mot
simplement vivant, comme ce chien des dernières images de ce
film, poussé dans un caddy par sa loque humaine de maître.
Oui, loque humaine de maître.
Mais à la décharge de l’être
humain, il faut rappeler qu’il est seul, dans la création, à
pouvoir se remettre en cause.
Bien que pas tous.
Se taire, oui, que faire d’autre
devant la perfection de l’esthétique sans compromis de ce
film frôlant l’essentiel de la profondeur humaine.
Si j’ai pris le risque de parler de
" Paria ", c’est paradoxalement pour
tenter de convaincre qu’il faut, qu’il faut voir ce
film.
Puis s’accrocher en silence à la
lumière d’espoir qui l’éclaire, si ténue soit-elle.
Il y a espoir, dans désespoir.
Jean Jeanneret
| Critique |
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Caméra DV au poing, c’est sans
artifice ni fioriture que Nicolas Klotz nous plonge dans
les marges de notre société. Inspiré d’un article d’Hubert
Prolongeau, Paria est en effet un film très
documenté qui donne à voir avec précision une réalité
qui, bien que quotidiennement observable, est trop souvent
oubliée.
C’est évidemment l'immense
intérêt du film dont l’engagement est sensible de
toute part, et en particulier dans la conviction et l’énergie
des comédiens, tous remarquables de vérité. Fort de sa
verve politique et documentaire, Nicolas Klotz installe
une fiction minimaliste qui suit en parallèle l'histoire
de deux jeunes hommes qui partageront la même nuit de
galère. Le premier, Victor, est viré de son boulot de
livreur de cassetes, le second erre dans la rue à la
recherche d'un moyen rapide de gagner de l'argent. Tous
deux vont se retrouver confrontés à la misère la plus
noire lorsque durant la nuit de la Saint Sylvestre, ils
sont rammassés par la police et conduits vers un centre
d'hébergement pour SDF à la périphérie de Paris.
A ce moment, le film de Klotz se
fait impressionant. Se laissant guider par la nécessité
de montrer, le cinéaste filme des images inédites et
tout simplement absentes du discours social audio-visuel
(aussi bien au cinéma qu'à la télévision). Paria
a d'ailleurs eu du mal à être produit et distribué,
comme si parler de la marge d'une manière aussi radicale
vouait nécessairement aux gémonies un réalisateur jugé
impudique.
Car, éprouvant comme un morceau
de vérité brute qu'on prend en pleine figure, Paria
laisse son spectateur sur les rotules, à la fois secoué
par le propos incandescent et ému par l'incroyable
justesse des comédiens.
Yannis Polinacci
pour
www.filmfestivals.com
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Présenté
il y a quelques mois sur Arte dans une version écourtée, Paria
sort enfin en salles dans son intégralité (2h05). Un
événement cinématographique à ne pas louper pour tous ceux
qui considèrent encore le 7e art comme un lieu de recherche
esthétique et politique. Le troisième film de Nicolas Klotz
(après La Nuit sacrée et La Nuit Bengali)
évoque l’univers, peu décrit au cinéma, des gens de la rue
sans pour autant verser dans le pensum misérabiliste. En
résulte une oeuvre grave et délicate sur laquelle souffle tout
du long l’énergie vitale de ses deux jeunes héros.
L’une des réussites de Paria
est en effet d’avoir réussi à imbriquer étroitement au sein
d’une même histoire deux types de récit : celui de l’apprentissage
du héros qui entre de plain-pied dans l’âge adulte, et
celui, à la limite du documentaire, de la confrontation avec le
monde souvent mis à distance des SDF. Après avoir perdu son
boulot et son appartement, Victor, 18 ans, se retrouve du jour
au lendemain à la rue. Le film suit alors ses déambulations
urbaines au cours desquelles il rencontre Momo, un jeune sans
abris rompu à la vie sur le bitume. Loin de s’appesantir sur
les misères et la précarité des sans domicile fixe, Paria
choisit de s’immiscer dans leur monde le plus naturellement
possible, et donc de ne pas poser un regard apitoyé sur des
gens qui ne sont pas forcément tous en proie au désespoir.
Interprété par des non professionnels que Klotz a rencontré
dans la rue, les SDF prennent littéralement vie devant la
caméra qui leur rend une identité trop souvent ignorée.
Tourné en D.V., Paria
n’est pas qu’un compte-rendu fidèle d’une certaine
réalité. Constamment sous-tendue par la recherche de la juste
distance, la mise en scène du cinéaste avec ses cadrages
souvent très beaux parvient à saisir l’humanité profonde
des êtres saisis par la caméra. Il réussit ainsi à
débarrasser un sujet très "phénomène de société"
de tous ses clichés ou passages obligés. Et lorsqu’il se
décide à entrer plus profondément dans l’intimité des SDF
-lors de la scène de la douche au centre d’accueil ou de l’enlèvement
des bandages pourris du vieux Blaise-, sa caméra n’en est pas
plus inquisitrice ou voyeuriste. Paria est un
film intransigeant qui nous ramène constamment à la
problématique du regard sur l’autre, à sa subjectivité
douloureuse et aux a priori qui en découlent. Pourtant, Nicolas
Klotz ne force à aucun moment notre compassion ou nos
sentiments. Son film crée simplement le désir d’en savoir
plus sur ces hommes et femmes dont finalement si peu nous
sépare…
Elysabeth
François pour CHRONIC'ART.COM

Document à
commander à l'ACID 01 44 89 99 71
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