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Mariage tardif
Un film écrit et réalise par Dover Kosashvili

avec

Lior Louie Ashkenazi • Ronit Elkabetz • Moni Moshonov • Lili Kosashvili

2001 - Israël/France - couleur - 1h40 - 1,66 - DOLBY SR

 Diaphana Distribution

www.diaphana.fr

  

 

Sélection Officielle Festival de Cannes 2001

Un Certain Regard

   
 

 
Zaza est au pied du mur. Il a presque 32 ans et sa famille souhaite qu’il se marie au plus vite. Comme le veut la tradition, il est de son devoir de choisir une jeune fille vierge, belle, de bonne famille et, de préférence, riche.

Yasha et Lily, les parents de Zaza, sont persuadés que leur fils est une pure merveille. Il est intelligent, charismatique et beau. Yasha et Lily lui organisent des rendez-vous avec des épouses potentielles et leurs familles. Zaza n’a pas le choix. Alors il embobine sa famille, plaide en faveur des traditions étouffantes de son héritage géorgien mais se débrouille toujours pour échapper à des fiançailles en bonne et due forme.

Ce que les parents de Zaza ignorent, c’est qu’il est déjà amoureux. Judith est une femme sensuelle, forte et mystérieuse. Elle est aussi divorcée et mère d’une petite fille de six ans. C’est la raison pour laquelle Zaza n’a jamais parlé d’elle à sa famille.

Zaza est sur le point de vivre une expérience critique inattendue, pleine de rires et de larmes. Un moment crucial dans la vie de tout être humain. Il va être obligé de choisir entre le respect des codes stricts imposés par la tradition familiale et l’amour de sa vie.

Le choix de Zaza

Zaza est perdu. L’idée de devoir choisir le paralyse. Il est incapable de se décider, de savoir quelle femme l’emporte sur les autres car pour lui, elles sont toutes aussi attirantes. Et qu’importe, qu’elles soient jeunes et vierges ou bien divorcées avec des enfants, il préfère les avoir toutes en théorie plutôt que de n’en posséder qu’une en pratique. La pression que ses parents et la société exercent sur lui pour le forcer à faire un choix n’a d’autre conséquence que de le rendre encore plus débrouillard.

Les entremetteuses

Le recours aux entremetteuses est chose courante sans doute pour une bonne moitié de la population israélienne issue de pays comme l’Iran, l’Arménie, la Géorgie, etc. mais aussi dans d’autres groupes sociaux tels que les Juifs orthodoxes et les Arabes. En général, ceux qui n’y ont pas recours méprisent la pratique.

Des dialogues en hébreu et en géorgien

Dans mon film, les personnages sont interprétés soit par des acteurs professionnels de langue hébraïque qui ne parlent pas le Géorgien soit par des Géorgiens qui n’ont aucune expérience d’acteur. Les acteurs professionnels ont passé cinq mois à apprendre leurs dialogues en géorgien mot à mot, ce qui interdisait toute improvisation. Ainsi, même si j’avais voulu improviser en cours de tournage, je n’aurais pas pu. Au stade-même de l’écriture du scénario, je choisissais les mots avec un soin tout particulier. Il fallait que chacun ait un sens bien précis sans quoi je n’y voyais pas d’intérêt. Je suis convaincu que l’on n’obtient pas d’émotion plus intéressante de la part des acteurs en jetant les mots au hasard.

La situation inextricable de Zaza

La situation inextricable dans laquelle se trouve Zaza - celle d’un homme qui tente de réduire le fossé qui le sépare de la génération précédente - est le lot de toutes les familles nombreuses et ce, quelles que soient les différences en matière de forme et de codes de chaque sous-groupe social. Les jeunes générations trouvent souvent les traditions de leurs aînés dépassées. MARIAGE TARDIF ne fait pas l’étude des traditions culturelles d’un groupe social déterminé, le thème qu’il aborde est plutôt le droit à la liberté d’un individu au regard des devoirs qu’il a envers ceux qu’il aime.

La dynamique de groupe

Plus un groupe est soudé, plus un individu se sent en sécurité. Il sait qu’il y aura toujours quelqu’un sur qui compter même dans les situations les plus difficiles. Et puis, plus le groupe est soudé, plus le groupe lui-même se sent fort. Il arrive toujours un moment où chacun est amené à aider l’autre. C’est un échange permanent entre plus forts et plus faibles. Mais si le groupe est trop interventionniste, l’individu s’en trouve diminué. Aussi bien dans sa sphère privée que dans l’accomplissement des devoirs qu’il a envers les autres. Un groupe social soudé exerce une pression sur l’individu. Toute tentative qui vise à briser un des codes sociaux du groupe est vécue comme une menace par le groupe tout entier. En essayant de se démarquer, l’individu signifie au groupe auquel il appartient qu’il lui est supérieur. Cette volonté est considérée par le groupe comme égoïste mais elle est également vécue comme une faiblesse, voire une tare. Une tare qui heurte les plus forts dans une structure où il est d’usage que le fort porte secours au faible. Dans ce cas, le groupe décide de contrer le "criminel" soit en le poussant à changer de comportement soit en l’excluant.

Juge et jury

J’espère que MARIAGE TARDIF ne laisse pas le champ au jugement des personnages, que celui-ci leur soit favorable ou non. J’espère au contraire que les spectateurs pourront seulement s’identifier aux personnages et aux situations. Le travail du policier est d’arrêter les criminels et celui d’un tribunal de les juger. Un réalisateur n’est ni policier ni juge. Son rôle est de comprendre et d’accepter ses personnages et, quelle que soit la cruauté des situations, de leur pardonner.

Film autobiographique ou pas

Chaque fois que je prétends que MARIAGE TARDIF n’est pas un film autobiographique, les gens qui me connaissent bien éclatent de rire. Le fait que je ne sois pas marié ou que ma famille n’ait jamais assiégé l’appartement d’une femme ne réussit à convaincre personne. Mes amis soutiennent que mes parents connaîtraient l’existence de ma petite amie et que j’aurais fréquenté les entremetteuses avec eux il y a quelques années. Donc, je suppose que l’on peut considérer le film comme à demi autobiographique.

Sa mère à l’écran

Après avoir cherché vainement pendant des mois dans tout Israël une comédienne susceptible de jouer le rôle de Lili, la mère géorgienne de Zaza, je n’avais pas d’autre choix. C’est comme ça que je me suis retrouvé en train de diriger ma mère et de lui apprendre à devenir une star. Si j’avais su ce qui m’attendait au moment où je faisais le casting, je ne lui aurais probablement jamais proposé le rôle. Connaissez-vous quelqu’un qui ait envie d’aller tous les jours au boulot avec sa mère ? Quelle qu’ait été la qualité de son jeu, mon actrice n’ayant aucun secret pour moi, j’ai toujours trouvé à y redire et j’ai toujours exigé d’avantage d’elle. Parfois, il lui arrivait d’avoir tellement peur de nuire à la carrière de son fils, qu’elle finissait par fondre en larmes.

La chemise jaune de Zaza

C’est la chemise jaune de Zaza qui a décidé de toute la décoration de MARIAGE TARDIF. Le reste : les couleurs, les accessoires, les costumes, les meubles et les décors ont été conçus autour de cette chemise. Le postulat de départ veut que le jaune symbolise l’incapacité de Zaza à choisir entre sa tête et son cœur. Cette incapacité fait de lui un homme quasi indifférent à son sort doublé d’un philosophe sceptique.

Une tasse de thé

Une tasse de thé dans la main d’un acteur ne signifie pas forcément qu’il va effectivement boire du thé. Au cinéma, en dépit de leurs apparences, les actes ordinaires portent en eux un message caché. Dans le cas de MARIAGE TARDIF, s’il s’agissait simplement d’une scène où quelqu’un boit du thé, on pourrait la comparer à celle d’un film porno où ce que l’on voit à l’écran est ce qui est. Dans mon film, le sexe n’est pas traité en habituelle scène érotique supposée exciter le spectateur. Ce serait plutôt le contraire. D’ailleurs, les personnages eux-mêmes ont du mal à prendre du plaisir, car ils sont trop préoccupés par ailleurs. Le but de cette scène est de souligner la forme de solitude qui les habite en dépit de l’amour véritable qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. La longueur de la scène ajoutée à la nudité complète des acteurs étaient le prix à payer pour mettre en évidence cette solitude.

Drame ou comédie

Je ne crois pas en un film qui ne soit que comédie ou que drame. Un réalisateur qui choisirait de traiter soit l’un soit l’autre, ne montrerait qu’une face de la réalité. Bien qu’il y ait des moments dans mon film qui puissent apparaître comme uniquement comiques ou uniquement dramatiques, je me suis toujours efforcé de ne jamais laisser l’un ou l’autre de ces aspects l’emporter et de glisser dans chaque scène du film un peu du gène de l’humour qui veille à mon destin.

Les acteurs

LIOR LOUIE ASHKENAZI - Zaza

Né en 1970, Lior Louie Ashkenazi apprend son métier d’acteur à la Beit Zvi School of Performing Arts dont il sort diplômé et muni d’une prestigieuse bourse israelo-américaine en 1994. Depuis, il partage sa carrière entre théâtre, télévision et cinéma. Au théâtre où il se produit régulièrement, son répertoire compte des productions aussi différentes que Qui a peur de Virginia Woolf ou Songe d’une nuit d’été. Mais le public de la télévision le connaît également très bien puisqu’il tient fréquemment le rôle principal dans de nombreux téléfilms et séries tels que The Battle of Tel-Hai, Noyman, Campaign ou Enemy Zone. Parmi ses rôles au cinéma, on peut citer dans les derniers en date, ELECTRICITY MAN de Eli Cohen et bien sûr MARIAGE TARDIf de Dover Kosashvili. Il est actuellement à l’affiche de la pièce de Donald Margulis Dinner with Friends et s’essaye lui-même à la mise en scène de théâtre avec Hurlyburly.

RONIT ELKABETZ - Judith

Le public connaît Ronit Elkabetz, pour l’avoir vue récemment dans le film de Zakia et Ahmed Bouchaala, ORIGINE CONTROLEE (2000), dans lequel elle interprète le rôle de Sonia, le travesti. Actrice de théâtre accomplie, Ronit Elkabetz joue aussi bien Beckett que Shakespeare, que ce soit en Israël ou en France où elle a résidé ces trois dernières années. On se souvient notamment de son interprétation de Martha, figure légendaire de la danse, dans le one-woman show de Ellen Melaver Martha Graham. Toujours au théâtre, Ronit Elkabetz vient d’achever une tournée en France de Ubu Roi. En 1994, sa performance dans le film de Shmulik Hasfari, PRACTICAL MAGIC (Sh’chur) lui vaut le prix de la Meilleure actrice  décerné par l’Académie israélienne. Toujours sur la scène israélienne, elle tient également le rôle titre dans THE APPOINTED (Hameyu’ad) de Danny Wachsmann (1990) ainsi que dans EDDY KING de Gidi Dar (1992) et SCAR (Tzaleket) de Haim Bouzaglo (1996).

MONI MOSHONOV - Yasha, le père de Zaza

Diplômé du département d’art dramatique de l’Université de Tel-Aviv, Moni Moshonov est une figure du théâtre et du cinéma en Israël. Voilà bientôt trente ans qu’il se produit sur les scènes les plus prestigieuses de son pays et compte à ce jour plus de cinquante rôles du répertoire classique et moderne dont Roméo et Juliette, Mort d’un commis voyageur ou Je ne suis pas Rappaport pour n’en citer que quelques-uns. Par ailleurs, il occupe la vedette depuis vingt ans dans une des séries satiriques les plus populaires d’Israël : This Is It. Il était également l’un des partenaires du duo comique Moni et Baraba. Le cinéma lui a offert plusieurs rôles importants dans des films tels que : PARACHUTISTES (Journey of the Stretchers - Mas Alunkot) de Yehuda Ne’eman (1977), THE MAN WHO FLEW IN TO GRAB (Ha ish she ba lakahat) de Prosper Pariente (1981), EVERY TIME WE SAY GOODBYE de Moshe Mizrahi (1986) ou plus récemment BESAME MUCHO de Joseph Pitchadze (2000). À l’heure actuelle, Moni Moshonov interprète et met en scène Les Chaises de Ionesco.

LILI KOSASHVILI - Lili, la mère de Zaza

Née en 1949 en Géorgie, Lili Kosashvili est mère et grand-mère. Elle se présente ainsi : "Je me suis mariée avec Yasha en 1965 avec qui je partage toujours ma vie. En 1966, j’ai donné le jour à mon fils aîné, Dover, un an plus tard à son frère David et en 1968, à ma fille, Maya. Nous nous sommes installés en Israël en 1972 et pour la première fois de ma vie, j’ai dû travailler. En 1976, naissait ma plus jeune fille, Ilana. Actuellement, je travaille dans la cantine d’un pensionnat et j’ai deux petits enfants."

Le réalisateur & scénariste

DOVER KOSASHVILI

Né en Géorgie en 1966, Dover Kosashvili vit en Israël depuis 1972. À l’issue de ses études de philosophie et de cinéma à l’Université de Tel-Aviv, il réalise un court-métrage de trente-cinq minutes intitulé : WITH RULES qui reçoit le deuxième Prix de la Cinéfondation cannoise en 1999. Le film qui constitue son travail de fin d’études est par ailleurs maintes fois couronné dans de nombreux festivals internationaux. Dover Kosashvili travaille actuellement au scénario de son prochain film, UN CADEAU DU CIEL dont il achève l’écriture. Avec MARIAGE TARDIF, il signe son premier long-métrage.