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Little Senegal
Distributeur : Tadrart
www.littlesenegal.com
Compétition Officielle
Berlin 2001
sortie le 18 avril
Après avoir travaillé toute sa vie
comme guide de la Maison des Esclaves, au Sénégal, Alloune, veuf de 65
ans, décide de partir à la recherche des descendants de ses ancêtres
vendus au Nouveau Monde, il y a deux siècles.
De Charleston à Little Sénégal dans New York, Alloune, guidé par son
idée de réunir sa famille par delà les siècles et les frontières, va
découvrir l'ostracisme entre les communautés africaines et
afro-américaines. Confrontation personnifiée par une galerie de
personnages : le neveu Hassan, chauffeur de taxi, sa fiancée, africaine
à la conception moderne de l'amour, Ida, afro-américaine, grand-mère de
Eileen, enceinte et fugueuse,…
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A travers
une quête du passé, les racines, et la description des relations entre l’afro-américain,
et l’africain, le réalisateur trace des portraits chaleureux et
attachants pétris d’humanité et de générosité. Un regard qui n’exclut
pas une vision parfois sans concession sur le racisme américain, la
violence urbaine. Mais toujours avec un respect des personnage set un
message d’espoir et de fraternité.
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L'auteur
de Bâton rouge (1985) et de Cheb (1991) met ici en scène
un vieil homme sénégalais, Alloune (formidablement interprété par
l'acteur Sotigui Kouyaté), qui se met en quête, la retraite venue, de sa
famille vendue comme esclave il y a deux siècles et déportée dans le
Nouveau Monde. Ses recherches le mènent à Harlem, New York, où il
retrouve, pour le meilleur et pour le pire, les descendants de sa famille.
Débutant sous les auspices d'une approche documentée de la réalité
(depuis le Musée de l'esclavage de l'île de Gorée jusqu'aux plantations
du sud des Etats-Unis où Alloune consulte les archives lacunaires de la
traite des Noirs), le film bascule franchement dans la fiction à New York
et révèle, sous la forme d'un conte tragi-comique, son véritable
propos, qui est moins le drame de l'esclavage que ses lointaines
conséquences : le trouble profond qui affecte, entre ressemblance et
altérité, les relations entre les Africains et leurs descendants
afro-américains. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre ce qui
a incité Rachid Bouchareb, né en France de parents algériens, à sonder
ce trouble. ( Berlin 2000 ,article du journal Le Monde)
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Un Africain sur les
traces de sa famille à New York. Parfois convenu mais attachant.
«Little Senegal», quête inégale
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Depuis
quelques années, la croissance de l'immigration africaine en
direction des Etats-Unis et particulièrement vers New York a donné
naissance à un quartier au cœur de Harlem surnommé «Little
Senegal». La constitution et le développement de cette
sous-communauté africaine semblent poser problèmes aux Blacks
afro-américains qui y voient comme un frein à leur propre intégration.
Confrontation. Parti de ce constat, Rachid
Bouchareb a écrit, avec Olivier Lorelle, un scénario dont le héros
est un Africain, Alloune, conservateur du musée de l'Esclavage sur
l'île de Gorée, qui décide de se rendre aux Etats-Unis pour y
retrouver les descendants de ses ancêtres, partis deux siècles
plus tôt les chaînes aux pieds. Dans sa quête, il a atterri chez
son neveu Hassan qui l'héberge dans son deux pièces minuscule déjà
passablement encombré. Là, Alloune finit par rencontrer une
vieille femme, Ida, tenant un kiosque à journaux, qu'il reconnaît
comme membre lointaine de sa famille. D'autres histoires annexes se
greffent sur cette colonne vertébrale, où il est question
d'obtention de la «green card» via un mariage blanc entre
Eileen et le Français Karim, d'une gamine en fugue enceinte
jusqu'aux yeux, de confrontation sanglante entre communautés, etc.
Interrogation? Rachid Bouchareb est un type
à part. Producteur avisé, avec Jean Bréhat, notamment de l'Humanité
de Bruno Dumont (et de son prochain The End, tourné à New
York), il a toujours aimé les projets hors les murs, tournant son
premier film, Baton Rouge (1985), aux Etats-Unis, Cheb
(1991) en Algérie et Poussières de vie (1995) censé se dérouler
au Viêt-nam mais tourné en Malaisie. Little Senegal est cohérent
avec cette démarche ouverte sur l'extérieur, ancrée dans une
interrogation générale sur l'identité et le déracinement.
Bonnes intentions. Toute la première partie
de Little Senegal suit une démarche documentaire et méditative,
c'est aussi celle que l'on préfère, parce que le fameux acteur fétiche
de Peter Brook, Sotigui Kouyate, qui joue Alloune, peut pleinement y
imposer sa présence hiératique. La suite, plus scénarisée dans
les règles, tend à le banaliser, de même les intrigues
secondaires apparaissent un peu cousues de fil blanc. Il est
toujours intéressant de voir un point de vue étranger investir un
espace aussi lourdement codifié que la ville de New York, de même
qu'on aime les films américains tournés à Paris. Cet effet de
distance profite à la description des personnages précisément «déplacés»,
Roschdy Zem emmêlé dans un traquenard au mariage, le personnage de
la femme du neveu sénégalais qui finit par se révolter contre son
sort de servante au foyer. Le film ne parvient cependant pas à
surmonter ses seules bonnes intentions. Le refus d'une partie de la
population black US d'affronter la réalité de leur ascendance «esclavagisée»,
le rapport éventuellement raciste à l'encontre des Africains
actuels, tout cela est le cœur du sujet mais il n'est guère
qu'effleuré ici hélas!.
DIDIER PERON pour Libération
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