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LA
SAISON DES HOMMES
Moufida Tlatli
Sélection Un
certain regard Cannes 2000
Distributeur : les films du Losange
www.filmsdulosange.fr
Sortie le 27/12 2h04
Les premiers temps, le
retour des hommes est vécu comme une fête à laquelle le clan des femmes
se prépare joyeusement. Mais les années se succédant, les désillusions
ont gagné le cœur de Aicha, Zeineb, Zohra et Fatma.
A Djerba, les épouses
vivent onze mois par an sans leurs maris, partis travailler à Tunis, la
capitale. On attend "la saison des hommes". Leur retour est
vécu comme une fête, comme de nouvelles noces. Mais, pour d'autres, la
"condition féminine n'est pas simple à vivre, elles, adolescentes
nées dans un monde masculin. L'enfermement et la tradition pèsent, la
liberté et la modernité font rêver, le passé et le présent se
heurtent à l'instar des générations, ses sexes. Sous la lumière
méditerranéenne, passions et espoirs naissent, les blessures se
cicatrisent. La saison des hommes est révolue…
***
Propos de la réalisatrice
Le passé et le présent
Déjà, dans "Les silences du
palais", j'ai eu besoin de parler du passé et du présent. Je pense
qu'il existe un lien profond, un fil secret et mystérieux entre les
générations. La maladie d'Aziz, le mal de vivre des jeunes filles
s'expliquent par 1'enfermement de leur mère, les naissances non
désirées. Si j'utilise les retours en arrière, c'est pour moi quelque
chose qui fait partie de ma façon de comprendre le monde. Nos désirs et
nos peurs viennent secrètement de nos parents et grands-parents qui nous
transmettent leurs traditions et leurs souffrances et nous les portons
comme une blessure ou une force toute notre vie.
Les couleurs et la lumière
J'ai voulu que Djerba ne
soit plus seulement vue comme dans un dépliant touristique, avec un
regard convenu. Les couleurs sont dans les tons marrons, ocres, rouges.
J'avais trouve de vieux costumes djerbiens dont je me suis inspirée pour
les tissus, les broderies et pour la façon de les porter. J'ai voulu que
mes plans soient longs, lents et qu'ils rendent compte de la solitude et
de 1'isolement de mes personnages. Quand le récit est au présent, les
plans sont plus rapides, plus saccades. Le film se termine sur une note
d'espoir. Aziz aime le tissage et continue l'ouvrage de sa mère, et c'est
sur ce dernier regard que j'ai voulu terminer le film : la confiance et la
sérénité retrouvées d'un enfant. Paris, le 10 mars 2000
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NATIONALE
7
Jean Pierre Sinapi
avec Nadia Kaci, Olivier Gourmet
Rézo Films
Sortie le 6/12/2000 1h31
Ce film
est une comédie qui a pour cadre un foyer de vie pour handicapés moteurs
adultes, près de Toulon et… la N7. Il a pour héros d'une part René,
myopathe de 50 ans au caractère irascible et rebelle, et d'autre part,
Julie, éducatrice spécialisée, une débutante à qui on a confié la
responsabilité de cet insoumis. La jeune fille, avec le courage
démesuré des timides, comprend le problème de René et se met en quête
d'une prostituée qui exerce son métier en camping-car le long de la
nationale. René fait enfin l'amour et devient le plus délicieux des
hommes…
D'un
sujet délicat et même tabou (la sexualité des handicapés) Jean-Pierre
Sinapi réussit un premier long métrage d'une rare audace au cinéma.
Initiée par Arte (Pierre Chevalier, collection "Petites
Caméras"), cette fiction est inspirée de l'expérience de la propre
sœur du réalisateur qui travaille dans un centre pour handicapés.
Drôle, touchant, évitant complaisance et compassion, cette histoire
grave est traitée avec légèreté, humour, osant s'aventurer sur le
terrain de la comédie (à l'italienne). Un pari français, humain, et
cinématographique gagné.
Document ACID/AFCAE/CCAS
à commander à l'ACID 01 56 89 20 31 |
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LES
BLESSURES ASSASSINES
Jean Pierre Denis
avec Sylvie Testud , Julie-Marie
Parmentier
ARP Sélection www.arpselection.com
Sortie le 22/11/2000
1h34 |
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Nouveau film de
Jean-Pierre Denis (Histoire d'Adrien, La palombière,
Champ d'honneur) inspiré de la célèbre affaire des sœurs
Papin qui défraya la chronique journalistique policière et judiciaire
dans les années 30 (et que traitèrent, entre autres, Jean Genet avec "Les
bonnes", Papatakis avec "Les abysses", Chabrol "La
cérémonie"…). Les surréalistes, à l'époque du meurtre,
puis Lacan, Sartre, Simone de Beauvoir… se sont passionnés pour ce
fait-divers inexplicable : l'assassinat furieux par deux jeunes filles de
leur patronne et de sa fille dans une ville de province.
Ce n'est pas un crime, mais une
histoire d'amour, dit Jean-Pierre Denis, auteur de ce film réaliste et
puissant, d'une grande richesse thématique (social et politique,
psychologie et psychiatrie, amour et passion…) et remarquablement
interprété : Sylvie Testud, Julie-Marie Parmentier, Isabelle Renauld,
Dominique Labourier…
Un
dossier complet sur www.arpselection.com
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IN
THE MOOD FOR LOVE
Wong Kar-Wai
Prix d'interprétation masculine Cannes 2000
Tony Leung Maggie Cheung
Distributeur : Océan Films
Sortie le 8/11/2001
1h34
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Hong Kong, 1962.
Rédacteur en chef d'un quotidien local, Chau emménage avec son épouse
dans un nouveau logement situé en plein cœur d'un immeuble
majoritairement habité par la communauté shanghaiaise. Rapidement, il
fait la connaissance de Li-chun, une très belle jeune femme qui vient,
elle aussi, d'emménager avec son mari. Elle est secrétaire dans une
compagnie d'exportation tandis que son époux représente une société
japonaise, ce qui l'oblige à voyager souvent pour affaires. Sa propre
épouse étant souvent absente du domicile conjugal, Chau passe de plus en
plus de temps en compagnie de Li-chun. Leurs propriétaires respectifs
étant bons amis, ils se retrouvent souvent pour des parties de mah-jong
ou discuter des dernières rumeurs. Chau et Li-chun se lient d'amitié,
jusqu'à ce qu'ils doivent se rendre à l'évidence : leurs époux
respectifs entretiennent une liaison...
***
Wong Kar-wai
commente sa méthode, ses aspirations, l'état du cinéma... (article paru
dans Libération 8/11/2000): «Pas un cinéaste de la maîtrise»
Successivement
scénariste de films commerciaux, puis jeune Orson Welles de la mise en scène,
précipitant des superproductions au casse-pipe commercial (Nos années
sauvages, les Cendres du temps), déclassé puis ressuscité avec l'étincelant
Chungking Express, devenu le symbole du cinéma indépendant de
Hong-kong, tellement moderne et copié partout, Wong Kar-wai est devenu,
en à peine plus de dix ans, l'un des mythes les plus forts du cinéma
contemporain. A renfort de lunettes noires arborées à longueur
d'interviews, il se complaît à perpétuer cette image de dandy génial
et arrogant, fameux pour ses conditions de travail infernales (ses acteurs
doivent accepter de tourner sans rien connaître de ce que racontent ses
films). Il revient ici sur sa méthode et sa situation au sein du cinéma
hongkongais.
Comment avez-vous
découvert le cinéma?
Je suis né à Shanghai
et je suis arrivé à Hong-kong en 1962, avec mes parents. J'avais 5 ans.
Nous étions chinois, nous avions des problèmes de langue et très peu
d'amis. Mon père travaillait dans une boîte de nuit. Ma mère aimait
beaucoup le cinéma. Alors, comme nous habitions dans un quartier avec
beaucoup de salles, nous y allions tout le temps. J'ai passé l'essentiel
de mon enfance au cinéma. Je voyais les films cantonais commerciaux de
l'époque, mais aussi des films européens et américains. A l'époque,
c'étaient juste des films, qu'ils soient commerciaux ou artistiques. Mon
père m'emmenait voir la Strada comme n'importe quel film
populaire. Vers 10 ans, j'ai vu Rosemary's Baby de Polanski, et il
s'est produit un déclic. Le film m'a terrorisé, mais j'ai surtout
remarqué que dans une scène Polanski choisissait de laisser la caméra
derrière la porte, de ne pas suivre Mia Farrow. Pour la première fois,
je comprenais ce qu'était un choix de mise en scène. La caméra pouvait
servir à intensifier les émotions. Ça m'a beaucoup impressionné: dès
lors, j'ai regardé les films différemment.
A voir Chungking
Express ou Happy Together, on a l'impression qu'A bout de
souffle vous a également beaucoup marqué.
Je l'ai découvert plus
tard. J'étais un jeune scénariste. A bout de souffle a
effectivement été très déterminant pour moi, parce qu'à l'époque je
travaillais dans un cadre assez rigide où les scénarios devaient être
écrits selon des codes rigides. A bout de souffle m'a donné le
goût de la liberté. J'ai compris qu'on pouvait transgresser certaines
habitudes de récit et de filmage. Comme scénariste, j'ai dû me
conformer à la façon «mainstream» de faire des films de commande. A
bout de souffle fait partie des films qui m'ont transmis le désir
d'anticiper sur les goûts du public plutôt que de les suivre.
Comment un ancien
scénariste devient-il un metteur en scène qui travaille sans scénario?
Comme scénariste,
j'avais une très mauvaise réputation. J'étais toujours en retard. A
Hong-kong, les scénaristes travaillent en équipe, peuvent écrire quatre
ou cinq films en même temps et rendent leur copie en quinze jours. Moi,
je mets beaucoup de temps à préparer un film, parce que j'essaie d'être
très organisé. Je me force à faire des story-boards, à prévoir tous
les effets visuels. J'aimerais être un cinéaste de la maîtrise, comme
Hitchcock. Mais ça ne marche jamais. Je me mets toujours à tout changer
au dernier moment et finalement je ne fais rien de ce que j'ai prévu. Je
n'arrive pas à être aussi hitchcockien que je le souhaiterais.
Est-il vrai que vous
décidez de l'histoire que le film va raconter au moment du montage?
En quelque sorte. Lorsque
le tournage est terminé, j'ai toujours trop de matière. Le film peut
partir dans des directions très différentes. C'est lorsque je commence
à monter les séquences, à sacrifier certains éléments de l'intrigue,
que je découvre ce que j'ai vraiment envie de raconter. C'est ma façon
de procéder. Je sais que ce n'est pas une méthode, je ne la
recommanderais à personne. Ne serait-ce que parce que par moments, dans
une telle désorganisation, on se sent vraiment misérable.
Comment analysez-vous
la crise qui frappe le cinéma de Hong-kong depuis cinq ou six ans?
Le cinéma de Hong-kong a
longtemps été la plus grosse industrie de divertissement des populations
asiatiques dans le monde entier. C'est un marché immense. Mais le
système s'est mis à tourner pour lui-même, sans se préoccuper des
produits. Il fallait que des films se fassent pour nourrir la machine,
même n'importe comment. Les producteurs sont devenus paresseux. Ils n'ont
pas évolué et ont géré jusqu'à l'épuisement les mêmes recettes.
L'industrie cinématographique est donc aujourd'hui dans une période
critique.
Quelle est votre
position dans cette industrie?
Je produis mes films
moi-même. Tout simplement parce que personne ne veut le faire. Mon second
film, Nos années sauvages, a été un terrible échec commercial,
et j'ai du devenir un producteur indépendant pour pouvoir conserver le
contrôle artistique sur mon travail.
Votre reconnaissance
critique internationale, vos récompenses dans les festivals, n'ont pas
fait évoluer cette image?
Non, dans l'industrie de
Hong-kong, ça n'a aucune valeur. Mais cette indépendance est devenue un
modèle pour beaucoup de jeunes producteurs. Un réseau s'est développé
depuis dix ans. On fait des films avec moins d'argent, de façon plus
libre. Chungking Express a été beaucoup imité.
Etes-vous intéressé
par cette «nouvelle vague» de cinéastes indépendants, comme par
exemple Fruit Chan?
Je continue à voir en
priorité deux sortes de films: ceux des quelques cinéastes que j'admire
beaucoup et ceux des jeunes réalisateurs. Mais, ces dernières années,
je n'ai pas vu de films de jeunes cinéastes hongkongais vraiment
prometteurs. La nouvelle vague de cinéastes coréens, comme Jang Sun-woo
(Fantasmes) ou Hong Sang-soo (Oh! Soojung), me paraît
beaucoup plus passionnante. Pour qu'une cinématographie nationale soit
intéressante, il faut qu'il se passe des choses fortes dans la société.
Ce fut le cas en Chine dans les années 80, lorsque apparurent les
cinéastes de la cinquième génération, Chen Kaige et Zhang Yimou. C'est
le cas en ce moment en Corée, où la société connaît de profondes
transformations.
Et que pensez-vous du
travail des cinéastes chinois à Hollywood? Pensez-vous que Tsui Hark ou
John Woo aient perdu quelque chose en quittant Hong-kong?
De mon point de vue très
subjectif, oui. Je connais très bien John et quand je vois ses films
américains je ne retrouve pas le cinéaste que je connais. Ça ne veut
pas dire que les films ne soient pas satisfaisants. Mais c'est autre
chose.
A quoi ressemble le
film dont vous venez de commencer le tournage?
2046
est un film d'anticipation. C'est aussi un road-movie et, en même
temps, je crois, une sorte d'opéra.
Recueilli
par J.-M.L
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BREAD
AND ROSES
Ken Loach
avec Pilar Padilla Adrien Brody
Sélection Officielle Cannes 2000
Distributeur : Mars Films www.marsfilms.com
1h52
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Le
cœur gros, Maya a laissé sa mère à Cuernavaca pour passer aux
Etats-Unis. Après bien des péripéties, elle arrive à Los Angeles où
vit depuis longtemps sa sœur aînée Rosa. Energique et décidée, Maya
décroche un premier job de serveuse dans un bar de nuit puis obtient de
Rosa, employée dans une entreprise de nettoyage, qu'elle la présente à
son directeur, Perez. Devenue femme de ménage, Maya se retrouve au milieu
d'une armée d'employés de toutes les nationalités opérant la nuit dans
les bureaux des buildings de Los Angeles. Elle découvre les conditions
dans lesquelles travaillent les immigrés dont les papiers ne sont pas en
règle. Contrairement à Rosa, Maya ne peut pas accepter de se soumettre.
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CODE
INCONNU
Michael Haneke
Sélection Officielle Cannes 2000
avec Juliette Binoche
Distributeur : MK2 www.mk2.fr
Sortie le 8/11/2000 1h57
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Paris.
Un boulevard très animé. Quelqu'un jette un bout de papier froissé dans
les mains tendues d'une mendiante. C'est le nœud qui relie pour un
instant les trajectoires de personnages très différents :
Anne, jeune comédienne, est sur le point de faire carrière au cinéma.
Son ami, Georges, est photographe de guerre, il est rarement en France. Le
père de Georges est agriculteur, son frère cadet, Jean, ne veut pas
reprendre la ferme familiale. Amadou est éducateur musical dans un
institut pour sourds-muets. Son père, chauffeur de taxi est originaire
d'Afrique. Sa petite sœur est sourde et c'est pour elle qu'Amadou a
choisi ce métier. Maria vient de Roumanie et envoie au pays l'argent
qu'elle gagne en mendiant. Expulsée, elle revient passer quelque temps
auprès de sa famille, avant un nouveau voyage humiliant vers la France.
Qu'ont-ils tous en commun, ces personnages et ceux dont ils croisent la
route ?
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| www.code-inconnu.com
www.mk2.com |
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LA CHAMBRE
OBSCURE 
Marie Christine Questerbert
avec Melvil Poupaud, Caroline Ducey
Quinzaine
des réalisateurs Cannes 2000
Les films du paradoxe
1h47 29/11/2000
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| Dans le monde du
XIVème siècle, Aliénor rompt avec le destin des filles, pour suivre ce
que son désir lui dicte.
Apprenant que le
roi de France souffre d'un mal qu'aucun médecin ne sait guérir, elle se
rend à son chevet. Au péril du bûcher, elle parvient à soigner le
monarque. En récompense, elle lui demande de la marier à Bertrand de
Roussillon, qu'elle aime depuis son enfance, convaincue de le mériter
mieux que quiconque. Bertrand, contraint par le roi, est obligé de
l'épouser. Sitôt marié, l'époux déserte le "domicile
conjugal". Ne sachant plus où elle en est, Aliénor découvre que
Bertrand, passé sous d'autres couleurs, se trouve dans la République de
Sienne. Et surtout qu'il est tombé sous le charme de la jeune Lisotta.
Comment Aliénor, toujours vierge, va-t-elle pouvoir mettre cet époux
dans son lit, et lui offrir des jumeaux ?
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| LISE
ET ANDRE
Denis Dercourt
Sortie le 8/11/2000
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Lise
croit aux miracles. Elle pense également que pour se faire entendre
du ciel, rien ne vaut les services d'un vrai professionnel. Aussi,
quand il s'agit de sauver son fils, fait-elle appel au Père André.
Mais André est un misanthrope qui, lui, ne croit plus en rien. Il
refuse de l'aider. A bout d'arguments, Lise prend André en otage.
C'est l'histoire d'une jeune femme, aussi volontaire que désespérée,
qui oblige un prêtre à faire enfin son métier. |
| Document
ACID/AFCAE/CCAS à commander à l'ACID 01 56 89 20 31 |
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INFIDELE Liv
Ullmann
avec Lena Andre
Sortie le 8/11/2000
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Markus, un
célèbre chef d'orchestre, forme un couple heureux avec Marianne. Ils ont
une petite fille âgée de neuf ans, Isabelle. David, le meilleur ami de
Markus, au passé sentimental houleux, leur rend souvent visite, et il est
le conteur préféré de leur fille. Un soir, alors que Markus est en déplacement,
David se rend chez eux. Alors que sa relation avec Marianne était
jusque-là platonique et sans risque, leurs rapports semblent prendre une
autre tournure. Marianne le découvre sous un autre jour...
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La
Conquète de la Vérité
Immédiatement
les signatures s'imposent. Elles sont si prégnantes
qu'elles risquent de rejeter le tableau en arrière plan.
Au scénario, Ingmar Bergman, le réalisateur par
excellence, celui que toute la profession, comme on dit,
applaudit voilà quelques années à Cannes à l'occasion
d'une Palme d'honneur. A la réalisation, Liv Ullman, la
comédienne de Persona, l'Heure du loup et Cris
et chuchotements, parmi nombre d'autres gloires.
Difficile d'oublier ces noms. Leur puissance d'évocation,
leur association à tant de souvenirs affectifs, ce poids,
on ne peut s'en abstraire. Et même si ces oeuvres n'ont
pas été vues, celui qui regarde Infidèle en
méconnaissant ce passé ne peut que le deviner. Il le
sent, suintant, comme s'échappent des murs d'une veille
maison les odeurs du temps et de l'expérience. L'anecdote
nous est présentée avec tant de crudité et de
sincérité que sa dimension vécue ne fait aucun doute.
Bergman l'a écrite, Bergman l'a vécue. Il l'a ressentie
et des échos se font encore entendre dans cette
culpabilité qui le travaille.
L'œuvre peut être perçue comme une reconquête de la
vérité, marche lucide vers des faits que l'on a
préféré oublier pour se sauvegarder. Fixer du regard sa
propre cruauté n'est pas chose aisée. Surtout que
l'humain est plus habitué à se mentir qu'à se montrer
sincère avec lui-même. Il a donc besoin d'aide. Il
attend qu'on le prenne par la main et qu'on l'amène là
où, seul, il ne voulait plus aller.
Vieillissant, l'homme est assis à son bureau avec pour
seule compagne la mort. Puis soudain lui apparaît une
femme, une muse porteuse de réminiscences et
d'impressions passées. Il la questionne, et elle lui
répond. Puis, lentement, ses réponses se transforment en
monologue. Il n'est plus qu'une oreille qui écoute et une
main qui écrit. Elle lui parle de son infidélité, de sa
rencontre avec le metteur en scène dépressif et jaloux
qu'il fut avant, il y a longtemps. Elle lui parle du
délitement de son mariage et de l'éloignement de sa
petite fille, victime impuissante des ravages de la
passion. Peut-être que déposer les mots sur le papier
est nécessaire pour retenir une vérité si dure. La
pensée ne capte pas ce qui est dit, elle est juste un
intermédiaire. Ce n'est qu'après, quand tout a été dit
et écrit que l'homme peut enfin penser ses actes. La
destruction d'un mariage et la mort du rival ne sont pas
anodines. Une enfant y a perdu son père. Est-ce pour
autant un crime? Non. Mais il a fallu le recul des ans
pour le savoir.
Qu'Ingmar Bergman lui-même ait vécu partiellement cette
histoire n'importe que par le redoublement au niveau de la
mise en scène du rapport entretenu dans le film entre la
jeune femme et le vieil homme. D'ailleurs ce dernier ne
s'appelle-t-il pas lui-même Bergman. Liv Ullman prend le
texte du cinéaste-dramaturge et en fait sa matière. Elle
a signé un contrat qui les lie pour le bénéfice de la
vérité. Elle l'aide sans pour autant lui mentir. Au
contraire.
Ingmar Bergman a toujours été le cinéaste des femmes.
Il les a filmé et les a faites parler longuement au cours
de sa vie, que ce soit sur une scène de théâtre ou dans
une salle de cinéma. Bergman est toujours vivant et il
est naturel qu'une femme parle maintenant en son nom. Il y
a eu transmission. Les mots sont passés d'une bouche à
l'autre pour aboutir, dans Infidèle, à une
conclusion logique: celui qui dirigeait les femmes se
laisse dorénavant guider par elles. Une reconnaissance
mutuelle s'est accomplie, et cette oeuvre sonne comme un
remerciement de la part de Liv à Ingmar. Et même si dans
le film, la femme n'est qu'une image, une projection aux
yeux de l'homme, nous savons à son spectacle que parole
entre homme et femme n'est pas chose impossible. Par delà
les mensonges, l'espoir n'est pas perdu.
M.Merlet
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| AMOURS
CHIENNES
Alejandro Gonzalez Innaritu
Grand prix semaine de la critique
Cannes 2000
Sortie le 8/11/2000
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A Mexico, à la suite d'un accident de voiture,
3 vies entrent en collision et nous révèlent le côté le plus "chien"
de la nature humaine : Octavio, un adolescent qui a décidé de fuir
avec la femme de son frère, Daniel, 42 ans, qui a quitté sa famille
pour un top modèle, et El Chivo, ex-guerillero devenu tueur qui va
sauver le chien d'Octavio.
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| Indéniablement,
Iñarritu réussit à la fois à entrelacer adroitement ses trois
histoires tout en découpant son film en trois blocs sécables,
traités dans des styles très différents (caméra-épaule speedée
pour le drame de la rue, découpage de thriller très cadré
pour le drame bourgeois domestique, style amphigourique et
plus contemplatif pour le tueur céleste). Pourtant, malgré
cette ingéniosité qui fait tenir trois films en un, on ne
peut s'empêcher de préférer le deuxième. Avec l'histoire de
ce chien d'appartement coincé sous un plancher infesté de
rats, Iñarritu réussit un film d'angoisse ramassé et percutant.
Chaque nuit, on gratte sous le sol; les personnages cassent
des lattes sous leurs pieds et ne découvrent que des rongeurs
grouillants qui ont possiblement dévoré l'animal chéri. Là,
le film joue habilement des terreurs domestiques, de l'angoisse
commune que crée le vernis urbain dissimulant mal la vermine
au travail, enfouie partout où on ne la voit pas. Pendant
une demi-heure, Amours chiennes fait vraiment peur avec presque
rien. A l'intérieur de ce film clinquant, fabriqué, lourdement
métaphorique (le pompon étant la rédemption du tueur à gages
au contact du chien de combat), gît donc un excellent court-métrage.
Un bon début pour un jeune cinéaste.
Jean
Marc Lalanne ; Libération
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www.pyramidefilms.com
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